Cité par \lbert Sokel, l'Europe et la Révolution, I
3 Mémoire publié par R. Gahdiner dans la Iievne historique, 1876, I, p. 229 ; cf. Ror>. Rbuss, V Alsace au XVII' siècle, p. 68.
« pour la punir de s'être engagée avec la France en des négociations secrètes l ».
La même année, dans son programme de politique extérieure destiné à « arrêter le cours du progrès d'Espagne » par tous les moyens, le Cardinal indique au Roi qu'il Faut « penser à se fortifier à Metz et s'avancer jusqu'à Strasbourg, s'il était possible, pour acquérir une entrée dans l'Allemagne 2 ». 11 ajoute qu'il faudra aussi penser à la Franche-Comté, acquérir la souveraineté de Neul'chàtel et entretenir soigneusement l'alliance avec les Suisses.
En tout cela, Richelieu est bien loin d'être un révolutionnaire ; il entend faire valoir des droits anciens et légitimes et pour justifier juridiquement ses projets, il fait appel aux légistes. L'un de ses conseillers lui rédige un mémoire sur cette question : Quel est le plus sur moyen pour réunir à la France les duchés de Lorraine et de Bar ?
L'Empereur, y est-il dit, n'a aucun droit sur les terres qui sont en deçà du Rhin, que par usurpation, d'autant que cette rivière a servi de bornes à la France..., cinq cents ans durant. Et quand le comté de Champagne a été réuni à la Couronne par le mariage de l'héritière de Champagne avec Philippe le Bel, il fil un traité à Vaucouleurs avec l'empereur Albert et les prélats et barons de l'Empire, par lequel il est dit que les limites de la France seront jusqu'à la rivière du Rhin, ainsi que d'ancienneté 3.
De nombreux écrits juridiques furent publiés par les légistes pour rendre populaires les projets de Richelieu et les expliquer. D'aucuns de ces factums sont accompagnés d'une carte de l'Austrasie « le vrai et primitif héritage de la couronne de France », et partout on pose en principe intangible que le Rhin, l'ancienne limite de la Gaule, doit être aussi la limite de la France, le regnum Francorum de Clovis.
En 1642, l'un de ces publicistes, Chantereau-Lefèvre s'applique à démontrer que pour que la paix soit établie pour tou-