Rod. Reuss, l'Alsace au XVII' siècle, p
2. Maiuéjol, dans Lavisse, Hist. de France, t. VI, 2* part., p. 291.
3. Voyez ci-dessus, p. 18G ; Cf. Albert Sohel, l'Europe et la Révolution, t. I, pp. 273-
jours entre les Français et les Allemands, il faut à la Monarchie française sa véritable limite, le Rhin. « Le rétablissement de ces bornes, conclut-il, donnera une paix honorable et sûre, non seulement à la France, mais à toute la République chrétienne, qui a été incessamment troublée depuis sept vingts ans par ceux qui ont envahi sur la couronne franc-gauloise quantité de beaux et importants Etats1... »
On le voit, les légistes et les politiques comprenaient comme aujourd'hui, que la grande affaire occidentale était la question du Rhin, et que la paix ne pouvait être assurée à l'Europe, que par le rétablissement des frontières naturelles de la France, qui sont celles de l'ancienne Gaule : « Jusqu'où allait la Gaule, répétait Richelieu, jusque-là doit aller la France. »
En ce temps-là, l'empereur Ferdinand II devint, pour un instant, le maître de toute l'Allemagne. Il avait battu l'Electeur Palatin Frédéric ; les trois Electeurs ecclésiastiques lui étaient dévoués, ainsi que les autres princes de la Ligue catholique. Les princes protestants de Saxe et de Brandebourg étaient forcés de reconnaître son autorité et de marcher avec lui. Ses armées avaient ravagé les pays rhénans, pénétré jusqu'en Lorraine. Il se crut assez fort pour sévir contre les féodaux qui avaient trouvé commode de se faire protestants pour s'approprier les biens des églises et des monastères. Lorsque le fameux Edit impérial du 6 mars 1629, ordonna la restitution de tous les biens confisqués, ce fut un émoi général chez les usurpateurs. Eperdus, ruinés, ils appelèrent à leur secours le roi de Suède, Gustave-Adolphe, et les Hollandais.
Gustave-Adolphe accourt, signe un traité d'alliance avec la France, bat Tilly à Breitenfeld, près de Leipzig, le 17 septembre 1631, s'avance sur le Rhin par Wurtzbourg et Francfort, prend Mayence, Spire, Worms, Mannheim. Puis, l'on Aroit avec stupeur le roi de Suède, grisé par le succès, s'installer à Mayence, avec sa cour et son chancelier Oxenstiern, recevoir les hommages empressés des principicules allemands, .s'allier aux Hollandais, distribuer des fiefs à ses fidèles. Il semble le souverain de