JUSQU EN
Frédéric Masson racontant les origines de l'Académie française, a tracé de la Monarchie capétienne le plus bel éloge qu'on puisse faire du gouvernement d'un pays, dans cette page aussi éloquente que justifiée :
La Monarchie ne connaissait point, en matière d'institutions, la génération spontanée : c'est pourquoi ce qu'elle fondait était de durée. Ce n'était pas du cerveau d'un politicien, sous un coup de foudre ou par une illumination de ce qu'il croit être du génie, que s'échappait, parée de ses grâces neuves, une loi d'ailleurs inapplicable ou ruineuse ou meurtrière. La monarchie... attendait, pour l'ordinaire, que par lentes stratifications, une institution, sous l'action des besoins, se fût d'elle-même agglomérée; que des tentatives et des essais eussent montré comment tel ou tel établisment pourrait être utile à la nation, profitable h ses intérêts et, par là même, à la gloire du Roi. Alors, non sans des tâtonnements, elle se déterminait à des adoptions, des incorporations, et si l'on veut, des créations; le plus souvent ce n'était là qu'un mot. Bien antérieurement à l'acte royal qui lui donnait une forme légale, l'organe existait, créé par la fonction1...
Ces observations s'appliquent à la conquête de l'Alsace aussi bien qu'à la création de l'Académie : le traité de Westphalie, en 1648, ne fera que sanctionner pour ainsi dire, et faire entrer dans le droit international un état de choses préexistant et déjà