‹ Le Rhin dans l'histoire (volume 2)Chapitre 125 sur 250 · Rod. Rkuss, V Alsace au XVII' siècle, p · texte numérisé non relu

Rod. Rkuss, V Alsace au XVII' siècle, p

Ce furent, à la fois, cette attitude protectrice et bienveillante de nos rois et les atrocités commises en Alsace par les hordes allemandes, a quelque parti qu'elles appartinssent, qui jetèrent définitivement les Alsaciens dans les bras de la France. Les villes libres et les petites principautés disséminées dans la vallée de l'Ill, trop faibles par elles-mêmes, incapables d'union, étaient à la merci des ravageurs de toute confession. Forcées d'aliéner leur liberté et de se placer sous un glaive protecteur, elles choisirent le roi de France, leur allié séculaire, plutôt que l'Empereur, faible et lointain, contre lequel elles avaient, d'ailleurs, toujours lutté pour s'affranchir du joug féodal détesté. « Ainsi, dès le milieu du xvie siècle, dit encore Rodolphe Reuss, l'ombre de la puissance française se projette, avant-coureur des événements futurs, sur la carte de l'Alsace1. »

En 1631, Richelieu refusa l'offre de l'Alsace que lui fit Gustave-Adolphe, parce que ce dernier en faisait le gage de la consolidation des Suédois sur le Rhin. Mais le ministre avisé profita, avec empressement, des avances de l'Electeur de Trêves pour mettre des garnisons françaises à Phiîippsbourg, en face de Germersheim et à Ehrenbreitstein, en face de Coblence. Il obtint aussi de l'Electeur de Cologne la forteresse de Dinant, dans l'évêché de Liège. Mais, avec quelles précautions l'habile ministre opère ces prises de possession des forteresses ! Avec quel soin et quelle insistance il recommande à ses négociateurs, — qui s'en vont, la bourse à la main, — de traiter la question des places, « si délicatement qu'il paraisse que le Roy n'en fasse aucune recherche, et que les Electeurs soient amenés à les offrir d'eux-mêmes2 ».

Par ces habiletés diplomatiques, par cette méthode lente, mais ferme et résolue, la France s'avance graduellement, sûrement et sans guerre, vers le Rhin et elle s'établit en Lorraine. Les traités de Vie et de Liverdun (1632) lui donnent Marsal, Stenay, Jamatz et Clermont. En même temps, et dès 1631, Richelieu envoie à Strasbourg un agent spécial, Melchior de l'Isle, pour confirmer à la ville sa protection bienveillante. Il offre au Conseil un

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