Rod. Reuss, op. cit., t. I, pp
où un nouveau traité d'alliance avec la Suède fut conclu, le 28 avril 1635. La France gardait ses positions en Alsace, mais elle garantissait aux Suédois, Mayence, Worms et Benfeld.
Le 19 mai, Richelieu envoie un héraut d'armes à Bruxelles déclarer la g-uerre à l'Espagne. Quant à l'empereur Ferdinand, Richelieu lui fait offrir, en secret, d'abandonner l'alliance suédoise s'il consentait à céder l'Alsace à la France1.
L'Empereur, borné, ne sait pas faire le sacrifice nécessaire. Alors, c'est la guerre. Par le traité de Saint-Germain-en-Laye, le 26 octobre 1635, Louis XIII s'engage à fournir à Bernard de Saxe-Weimar un subside annuel de quatre millions de livres, moyennant quoi, le duc entretiendra une armée de 18.000 hommes au service de la France. En sus de cette somme, il aura, après la guerre, 1.500.000 livres de revenus en France, et « Sa Majesté donne et délaisse audit sieur duc le landgraviat d'Alsace, y compris le bailliage de Haguenau, pour en jouir sous le titre de Landgrave d'Alsace, avec tous les droits qui ont appartenu cy- devant à la maison d'Autriche2 ».
Ces engagements signés, Richelieu porta sans retard son attention sur les Pays-Bas espagnols. Par un accord avec le stathouder de Hollande, Frédéric-Henri de Nassau, ces Pays- Bas furent partagés d'avance. La France s'adjugea le Luxembourg, les comtés de Namur et de Hainaut, l'Artois et une partie des Flandres. Les Provinces- Unies devaient recevoir Anvers, Matines, le Brabant, le pays de Waës et une autre partie des Flandres.
Malheureusement, à la fin de 1635, les événements militaires contrarièrent ces projets. Les Impériaux reprirent même une portion de l'Alsace. Saver»e dut ouvrir ses portes au comte de Gallas qui s'avança, en ravageur, jusque sur les limites de la Bourgogne et de la Champagne. De 1636 à 1638, pendant deux ans, l'Alsace subit, outre les horreurs de la guerre, celles de la famine. Contributions de guerre arrachées par l'emprisonnement et l'emploi des instruments de torture ; pillages et incendie des églises et des maisons privées. Les survivants de la misère,
1. Mariéjol, dans Lavisse, Hist. de France, t VI, 2* part., p. 316.