‹ Le Rhin dans l'histoire (volume 2)Chapitre 131 sur 250 · R. Reuss, op. cit., t. I, p · texte numérisé non relu

R. Reuss, op. cit., t. I, p

3. Lettre du 6 octobre 1638, dans Rod. Reuss, op. cit., t. I,p. 97.

le reconnaisse définitivement « landgraf et prince de l'Alsace inférieure et supérieure et lui cède les places fortes occupées par Sa Majesté ». Il demande, déplus, à posséder ces pays à titre héréditaire et il exprime le désir que la France ne signe point de traité de paix où cette possession ne lui soit garantie1. Richelieu, on le conçoit sans peine, était loin de songer à retirer les garnisons françaises de Colmar, de Schlestadt, de Saverneet de Haguenau ; Strasbourg, ville libre, ne tenait pas, de son côté, à voir le prince saxon devenir trop puissant en Alsace.

En réponse à ses demandes, Louis XI II envoie à Bernard, au printemps de 1639, le baron d'Oysonville, avec ordre de lui parler « avec fermeté et modération ». Les pourparlers sont difficiles. Le roi demande à Bernard, à titre d'allié et d'ami, de lui céder la forteresse de Brisach qui gardait l'un des passages du Rhin les plus fréquentés et les plus faciles. Bernard refuse net : c'est presque une rupture. Richelieu se trouvait de nouveau aux prises avec l'insécurité de ses alliances protestantes. Le hasard le servit à merveille : Bernard mourut subitement, à Neuenbourg, le 18 juillet 1639.

Les lieutenants de Bernard de Saxe-Weimar passèrent sous les ordres du duc de Longueville et du maréchal de Guébriant. Le baron d'Oysonville devint l'auxiliaire du major-général d'Erlach, gouverneur de Brisach, qu'il fut secrètement chargé de surveiller, avec le titre de lieutenant du Roi, intendant de justice, police et finances de l'Alsace, du Brisgau et du Sundgau2. Une foule de familles féodales que la guerre avait exilées, furent autorisées à rentrer en Alsace, sous la seule obligation de prêter à Louis XIII le serment de fidélité3.

Quant à la République de Strasbourg qui avait gardé la neutralité durant les dernières guerres, elle se vit, en quelque sorte, répudiée et rejetée de l'Empire par la maladresse de Ferdinand III. Celui-ci, voulant punir Strasbourg de lui avoir refusé le passage du Rhin, lui marqua son déplaisir en ne la convoquant pas à la Diète impériale de llatisbonne, en juillet 1640,

1. Ron. Rruss, V Alsace au XVJI' siècle, t. I, p. 93 et suiv.

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