R. Reuss, op. eil., t. I
tandis qu'il affectait d'y convier même des vilies d'Alsace qui avaient des garnisons françaises. Cette quasi-exclusion de l'Empire rejetait forcément Strasbourg du côté de la France qui faisait tout pour l'attirer à elle.
La mort de Richelieu, le 4 décembre 1642, n'amena aucun changement dans la situation que le grand cardinal avait faite à l'Alsace vis-à-vis de la France. Le Magistrat de Strasbourg écrivit à Mazarin, le 20 janvier 1643, que la ville avait appris le décès « d'un si sage, prudent, heureux et fidèle ministre d 'Etat » avec d'autant plus de douleur « que nous avons perdu en sa mort un très grand patron et bienfaiteur 1 » .
Dans le document qu'on appelle « le testament latin attribué à Richelieu », on lit cette phrase : « Le but de mon ministère a été de rendre à la Gaule les frontières que lui a destinées la nature, de rendre aux Gaulois un roi gaulois, de confondre la Gaule avec la France, et partout où fut l'ancienne Gaule d'y rétablir la nouvelle. »
Albert Sorel fait remarquer que si l'authenticité de ce document est contestée, du moins, au point de vue de la revendication des limites naturelles de la France, l'essentiel est que le rédacteur du xvnc siècle, quel qu'il soit, ait traduit ainsi la pensée du cardinal. Préoccupé d'honorer sa mémoire, il n'a rion trouvé de plus beau que cette recherche de nos frontières naturelles à proposer à l'admiration des Français2.