Albert Sorkl, l'Europe et la Révolution, t. I, p
tières du Rhin, Rheinfelden, S;ieckingen, Lauffenbourg et Waldshut { ». Suivant un dicton bien connu, on demandait le plus pour ne pas être réduit à se contenter du moins. L'Empereur déclara qu'il ne céderait jamais l'Alsace, à plus forte raison le Brisgau, sur la rive droite du Rhin, bien qu'il fût occupé par les troupes françaises.
Turenne, qui avait chassé les Espagnols et les Impériaux de l'Alsace et du Palatinat, passa l'hiver de 1646 en Alsace, « pays, lui écrivait Mazarin, qui n'appartient pas moins au Roy que la Champagne ». En même temps, Mazarin n'oubliait' pas les intérêts de la France dans le Nord ; l'acquisition de la Belgique lui tenait non moins à cœur que celle de l'Alsace :
L'on aurait, écrit-il, le 20 janvier 1646, à son ambassadeur, le comte d'Avaux, étendu les frontières jusqu'à la Hollande, et, du côté de l'Allemagne, qui est celui d'où l'on peut beaucoup craindre, jusques au Rhin, par la rétention de la Lorraine et de l'Alsace et par la possession du Luxembourg et de la comté de Bourgogne (Franche-Comté)... Ce serait sortir avec tant de fruit et de réputation de la présente guerre, que les plus malins seroient bien en peine d'y trouver à redire ; tant de sang répandu et de trésors consommés ne pourroient être tenus par les plus critiques que fort bien employés, quand on verroit annexé à cette Couronne tout l'ancien royaume d'Austrasie 2.
En avril 1646, Ferdinand fit savoir qu'il consentait à l'abandon de ses possessions dans la haute et la basse Alsace contre une indemnité de cinq millions de rixdales à payer aux archiducs. Par contre, la France devait renoncer au Brisgau, à l'Ortenau, aux quatre villes forestières 3. Mais on chicana sur de nombreux points de détails. Le 19 juillet 1646, les plénipotentiaires français signèrent avec l'Electeur de Trêves, qui était en même temps évêque de Spire, un traité particulier qui accordait au roi de France le droit de garnison permanente dans sa forteresse de Philippsbourg 4.
Les opérations de guerre continuaient toujours, et par ses