R. Reuss, op. cit., t. I
avances diplomatiques, Ferdinand semblait vouloir simplement gagner du temps, pour reformer ses armées et négocier des alliances. Mais, le 17 mai 1648, Turenne anéantit à Zusmarshausen la dernière armée impériale, commandée par Melander. Les Français étaient sur l'Isar et sur l'Inn : ce fut l'argument décisif. Ferdinand III autorisa ses ministres à signer la paix, le 24 octobre 1648.
L'article 44 du traité de Munster confirme à la France la possession des Trois Evêchés et de leurs dépendances.
L'article 75 donne l'Alsace à la France; il est ainsi conçu :
Sa Majesté Impériale et Royale, tant pour soi que pour toute la Maison d'Autriche et l'Empire, renonce à tous les droits de propriété, seigneurie, possession et juridiction qu'elle avait en la ville de Brisach, au landgraviat de la haute et basse Alsace, au Sundgau et en la préfecture provinciale des dix villes impériales sises en Alsace, savoir : Haguenau, Golmar, Schlestadt, Wissembourg, Landau, Oberenheim, Rosheim, Munster en la vallée Saint-Grégoire, Kaisersberg et Turkheim, et en tous les cantons qui en dépendent, lesquels droits elle transporte au Roi très Chrétien et à son royaume.
L'article 79 dit :
L'Empereur, l'Empire et l'archiduc Ferdinand-Charles quittent et dispensent les ordres, magistrats, officiers et sujets desdits lieux et seigneuries, de la servitude et des serments par lesquels, jusqu'à ce jour, ils leur avaient été obligés et sujets à la maison d'Autriche, et les remettent et obligent à la sujétion, obéissance et fidélité du roi de France; et ainsi établissent cette Couronne en une pleine et juste souveraineté, propriété et possession d'iceux; renonçant à perpétuité pour eux et les leurs, à tous les droits et prétentions qu'ils y avaient; s'obligeant d'y faire aussi renoncer le roi d'Espagne et d'en délivrer telles patentes que la France désirera1.
La ville libre et impériale de Strasbourg n'était pas comprise dans la cession de l'Alsace. En revanche, l'Empereur cédait à la France Brisach, situé sur la rive droite du Rhin, et le droit de garnison à Philippsbourg; c'étaient deux passages du Rhin, les clefs de l'Allemagne mises en nos mains2.
1. Voir le texte latin dans Ron. Reuss, l'Alsace au XVII' siècle, p. 163.