LA PAIX DE NIMÈGUE
Une fois signé le traité des Pyrénées, Louis XIV s'occupa, avec l'habileté sûre d'elle-même que donne le succès, d'arrondir les nouvelles frontières de la France, en interprétant le texte de chaque article au mieux de nos intérêts : il fit agir sa diplomatie et ses finances. Il racheta Dunkerque aux Anglais et Marsal au duc de Lorraine ; il reçut dans la Ligue du Rhin de nouveaux princes allemands qui demandaient à y entrer, pour bénéficier de la protection et des libéralités du plus puissant prince de l'Europe. De ce nombre furent, en 1663, le duc de Mecklembourg et le comte de Sarrebruck. Le roi accueille ce dernier « en sa royale protection et sauvegarde perpétuelle », en échange de quoi, le comte autorise Louis XIV à mettre en sa forteresse une garnison de « Français naturels » ; le comte en sera capitaine et gouverneur « pour le Roi », et il est autorisé à y arborer les couleurs de France l.
Il faut dire qu'en se plaçant ainsi sous le protectorat de la France, ces petits princes rhénans échappaient aux vexations odieuses de leurs voisins plus forts. L'un des plus typiques de ces derniers est le comte Palatin du Rhin, Charles-Louis, fils du fameux Frédéric V, dont l'ambition déclancha la guerre de