L'Art de vérifier les dates
dal. Des gens de chicane contestaient l'interprétation de certaines clauses du traité de Westphalie; des seigneurs allemands qui possédaient des fiefs en Alsace, essayaient de se soustraire à la souveraineté de Louis XIV, et en ceci, ils avaient l'appui manifeste de l'Empereur qui continuait à s'intituler « landgrave d'Alsace, comte de Ferrette ». L'armée que Turenne dut entretenir dans le pays, entraînait pour les habitants de lourdes charges l. Le duc de Lorraine, l'insupportable Charles IV, allié de l'empereur Léopold, faisait sans cesse, en basse Alsace, des incursions à main armée. La longue guerre de détail qui dura de 1670 à 1681 fut ainsi un terrible fléau pour la région. « Il ne faut pas, écrit Turenne, qu'il y ait un homme de guerre en repos en France, tant qu'il y aura un Allemand en deçà du Rhin, en Alsace. »
Enfin, Louis XIV vint faire son entrée solennelle à Strasbourg, le 20 octobre 1681. « Cette ville, dit Louvois, sera un monument éternel de la grandeur du Roi et du soin qu'il a pris de mettre son royaume à couvert des entreprises de ses ennemis. » Après tant de malheurs, ce fut le début de la grande prospérité de l'Alsace.
Sous le régime français, enfin bien affermi et organisé, l'Alsace, loin de perdre son autonomie morale, commença seulement à avoir conscience d'elle-même et de son unité. C'est l'éminent historien de l'Alsace, Rodolphe Reuss, qui le remarque : « Les contrées vogéso-rhénanes n'ont réellement eu droit à un nom collectif et n'ont pu s'appeler la province d'Alsace qu'au moment où elles s'absorbaient dans le sein de la Monarchie française2. » Auparavant, l'Alsace n'était qu'une poussière de petits Etats souverains, sans lien entre eux et souvent en hostilité. C'est la France qui a réellement créé et constitué en corps provincial compact l'Alsace, jusqu'à ce que, à l'époque de la Révolution, cette grande province française, si justement jalouse de son originalité native, comme bien d'autres de nos provinces, fût divisée en deux départements.
Défendre et protéger les nouvelles frontières contre toute ten-