‹ Le Rhin dans l'histoire (volume 2)Chapitre 146 sur 250 · Rod. Reuss, op. cit., Préface, p. n · texte numérisé non relu

Rod. Reuss, op. cit., Préface, p. n

tative d'agression, fut la principale préoccupation de Louis XIV, après le traité de Nimègue, et sur ce terrain, il fut admirablement secondé par Vauban et Louvois. La construction des forteresses, d'après le Règlement des places de la frontière, fut une entreprise de longue haleine ; elle dura vingt ans, de 1678 à 1698. On commença par les places de la vallée de l'Oise, entre le bassin de l'Escaut et celui de la Meuse, le chemin direct des Pays-Bas sur Paris. Vauban plaça à la tête de cette route d'invasion, quatre places sur l'Escaut, Condé, Valenciennes, Bouchain et Cambrai; une place, entre l'Escaut et la Sambre, le Quesnoy; deux, sur la Sambre, Maubeuge et Landrecies; quatre, entre la Sambre et la Meuse, Philippeville, Marienbourg, Avesnes et Rocroy; trois, sur la Meuse, Givet- Gharlemont, Mézières et Sedan. « Il suffit, dit l'historien de nos frontières, de jeter les yeux sur une carte pour se rendre compte de l'habileté stratégique qui a présidé à la conception de cette frontière artificielle, et combien ceux qui l'ont conçue et exécutée ont été perspicaces1. » Cette ceinture de forteresses françaises, opposées à celles de la barrière, a sauvé la France, en 1712 et en 1793.

Verdun, Montmédy, Longwy, Sedan, Mézières furent fortifiées pour défendre la vallée de la Meuse, en avant des Ardennes, en face du Luxembourg; de même que Toul, Metz, Thionville et Sierck furent chargées de garder la vallée de la Moselle, en face de Luxembourg et de Trêves. Sur la Sarre, Louis XIV fit fortifier Montlouis et Sarrelouis et dans la basse Alsace, en avant de Strasbourg, Marsal, près des sources de la Seille, Phalsbourg auprès de Saverne, Petite-Pierre, Lichtenberg, Bitche, Schlestadt, Wissembourg, Lauterbourg et Landau. Nous verrons, plus tard, que les traités de 1815 n'ont eu pour but que de détruire cette ligne infranchissable de forteresses. Redisons-le à sa gloire : l'ancienne Monarchie a transmis aux régimes nouveaux une frontière bien armée et bien gardée. Si la France avait conservé cette frontière, l'avait entretenue, munie des engins modernes et de soldats, les mal-

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