‹ Le Rhin dans l'histoire (volume 2)Chapitre 147 sur 250 · Th. L.vv.vlllée, les Frontières de la France, pp · texte numérisé non relu

Th. L.vv.vlllée, les Frontières de la France, pp

heurs de 1814, de 1870 et même de 1914 eussent été conjurés.

Les vallées de la Marne, de la Seine, du Doubs et de la Saône, auxquelles l'ennemi pouvait avoir accès par la trouée de Belfort, soit en remontant la vallée de 1 '111 en Alsace, soit en franchissant le Rhin aux ponts des Villes forestières, furent fermées par les forteresses d'Huningue, Neuf-Brisach, Belfort, Montbéliard, Besançon, Epinal, Auxonne et Langres. Le princeévêque de Bâle nous donna le droit, en cas de guerre, de mettre des troupes sur son territoire et d'occuper le canton de Porentruy '.

Pendant la construction des forteresses de l'Est, Louis XIV et Louvois visitaient les travaux. « Louvois ne manquait point, chaque année, de visiter toutes les frontières, examinant les lieux, pressant les travaux, encourageant ingénieurs et ouvriers, et l'année suivante, Louis XIV allait, à son tour, inspecter ces mêmes places, en dissimulant ses projets sous les pompes de la Cour qui l'accompagnait. A peine arrivé, et même la nuit, il parcourait tous [les travaux, entrait dans les plus minces détails, et montrait autant de sollicitude que d'intelligence dans l'accomplissement de cette œuvre capitale. »

Nous possédons, par la Gazette, toutes les circonstances de ces voyages d'inspection de Louis XIV, accomplis sans bruit, à partir de 1680 :

C'est dans cette œuvre, dit Th. Lavallée, la plus belle de sou règne, que Louis XIV est vraiment et sans réserve le Grand Roi . Rien de moins éclatant et qui éveillât moins l'envie, rien de plus habile et de plus sûr : tous nos points vulnérables devaient être couverts ou directement par nous-mêmes, ou indirectement par nos voisins. En môme temps, la triple ligne de forteresses qui faisait de la France un camp retranché de vingt millions d'hommes, la ceinture de petits Etats neutres ou alliés qui complétait et garantissait notre frontière, nous donnaient, si besoin était, une base formidable pour des agressions extérieures.

Tout fut prévu, étudié, combiné avec un art parfait, une minutieuse intelligence des lieux, le sentiment national le plus éclairé, le plus pratique. Tout fut fait aussi sans bruit, sans éclat, comme un travail ordinaire et obscur ; les pièces, les documents, les détails ont été à peine connus des contemporains : cela s'appelait tout simplement le règlement des

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