‹ Le Rhin dans l'histoire (volume 2)Chapitre 157 sur 250 · Mémoires du baron de Lang, t. I, p · texte numérisé non relu

Mémoires du baron de Lang, t. I, p

des divers Etats. Mais les Etats ne tenaient point à y réclamer leur place, car y assister était une marque de dépendance visà-vis de l'autorité impériale ; s'abstenir, c'était indiquer qu'on était vraiment Etat souverain, libre et fort. Aussi, la Diète ne se réunissait pas régulièrement, ses attributions n'étaient pas définies, on n'y venait pour ainsi dire plus; le byzantinisme des questions qu'on y agitait parfois, confond la raison; quand elle se fâchait, sous la poussée de certaines circonstances, ses décisions étaient foulées aux pieds par les plus puissants, comme le roi de Prusse, qui en faisait autant de cas que son lointain successeur d'aujourd'hui, des règlements internationaux de la Conférence de La Haye.

Quant au Tribunal d'Empire, qui représentait aussi l'Unité, c'était, disent plaisamment les légistes du xvnr3 siècle, « le joyau de la Constitution allemande » ; la vénalité et la stupidité des juges et greffiers de Wetzlar étaient passées à l'état de proverbe1.

La division de l'Empire en « Cercles », — il y en avait neuf, à la fin du xviii* siècle — n'encerclait rien, que sur le papier, et ne créait pas l'ombre de cohésion administrative entre les divers Etats englobés dans chacun d'eux : le représentant de l'Empereur, chargé de veiller à l'exécution des lois, au recrutement des soldats et au prélèvement des taxes impériales, n'obtenait que des consentements bénévoles, en échange de toutes sortes de marchandages.

Était-ce là un véritable Empire comparable à la Monarchie française? Il ne faut donc pas se laisser leurrer par les mots ni par le- cartes géographiques de nos atlas et considérer, dans l'histoiie, l'Allemagne impériale comme une puissance politique organisée, ayant une tête, une âme, un foyer, et constituant une Patrie pour les populations qu'elle embrassait nominalement. Parmi les princes féodaux, ceux qui affichaient la plus complète indépendance vis-à-vis de l'Empereur, étaient précisément ceux auxquels il devait son élection.

Il y avait neuf grands Electeurs, savoir : les trois archevêques

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