‹ Le Rhin dans l'histoire (volume 2)Chapitre 158 sur 250 · Alfiied Ramisaud, les Français sur le Rhin, p · texte numérisé non relu

Alfiied Ramisaud, les Français sur le Rhin, p

de Trêves, Mayenco et Cologne; — le comte palatin du Rhin, le duc de Bavière, le roi de Bohême; — l'Électeur de Saxe, devenu roi de Pologne en 1697 ; — l'Électeur de Brandebourg, devenu roi de Prusse en 1701 ; — l'Électeur de Hanovre, roi d'Angleterre depuis 1714. Que pouvait être la suzeraineté de l'Empereur, par exemple, sur l'Électeur de Brandebourg, l'astucieux roi de Prusse ; sur l'Électeur de Hanovre, roi d'Angleterre; sur l'Électeur Palatin, concurrent à l'Empire ?

On comptait, en outre, une soixantaine de villes libres, autant de souverains séculiers, ducs, comtes, burgraves, margraves, près de quarante princes ecclésiastiques, abbés ou évêques et d'autres seigneuries indépendantes , ce qui portait à environ 360 ce grouillement d'États souverains qui se partageaient l'Allemagne.

Encore une fois, ils ne constituaient ni un peuple, ni une nation ; ils n'avaient rien de commun entre eux. Ces Etats suivent chacun sa destinée, sans le moindre souci d'une solidarité quelconque. Nulle unité, nulle cohésion; il n'y a pas de Patrie allemande. Lessing a écrit « qu'il n'avait aucune idée de ce que peut être l'amour de la Patrie », et Schiller paraît bien aussi être dans le même état d'esprit1.

Il y a encore moins unité de race, car les populations d'origine wende ou slave et d'autres éléments ethniques, sont plus nombreux en Allemagne que l'élément germanique et n'ont pas encore été absorbés ou dominés par ce dernier, au xvnr siècle.

Chaque prince allemand, laïque ou ecclésiastique, chaque ville libre a ses privilèges particuliers, usurpés à l'origine, mais qu'il s'est fait confirmer adroitement et qui, suivant l'expression de Voltaire, « le mettent en droit de mal servir ». L'un ne sert point du tout, et l'Empereur n'a nul moyen dj l'y contraindre ; l'autre a le droit de ne pas servir hors des limites de telle province; celui-ci, de ne fournir que tant de soldats, celuilà, de ne payer que telle redevance.

Tous ces petits princes ou chevaliers se jalousent, se volent, se battent, vivent de rapines, aspirent à devenir grande puissance, à l'exemple du roi de Prusse.

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