‹ Le Rhin dans l'histoire (volume 2)Chapitre 160 sur 250 · Georges Goyaii, l'Allemagne religieuse, t. 1, p · texte numérisé non relu

Georges Goyaii, l'Allemagne religieuse, t. 1, p

3. Duc de Broglje, Marie-Thérèse, t. I, ch. m; Albert Sorel, op. cit. t., I, p. 434; Alfred Ramuald, op. cit., p. 116.

déclarent attachés à la France, combien en est-il qui soient sincères ? D'aucuns même ne sont que des calculateurs, fourbes et cupides autant que « plats valets ». Dans ces derniers, il faut placer, en tête, les comtes palatins des multiples branches de la famille bavaroise. Maximilien-Joseph, duc, puis roi de Bavière, né le 27 mai 1756, fut d'abord duc de Deux-Ponts, après la mort de son frère Charles II, colonel du régiment français Royal- Deux-Ponts, en garnison à Strasbourg. En 1788, Louis XVI paya les dettes de ce personnage: elles s'élevaient à 945.000 livres. A la mort de son cousin Charles-Théodore, en 1799, il devint Électeur de Bavière. Plus tard, il fit su cour à Napoléon comme il l'avait faite à Louis XVI, si bien qu'en 1806, par la grâce de l'Empereur des Français, il devint roi de Bavière.

Son fils, Louis-Charles-Auguste, naquit à Strasbourg en 1786 et Louis XVI fut son parrain. En 1806, il fut l'un des courtisans les plus assidus de Napoléon et de l'impératrice Joséphine, et sa sœur épousa le prince Eugène de Beauharnais. « Mais, remarque Albert Sorel, si le courtisan s'inclinait en public, le « patriote » protestait secrètement, et, entre deux visites à ses protecteurs français, le prince allemand écrivait dans son journal : « Ce serait pour moi la plus chère fête de victoire, si cette ville où je suis né pouvait un jour redevenir allemande ' ! » Celui-là justifie bien, comme tous les autres, d'ailleurs, l'amère réflexion de George Forster en 1791 : « Notre politique est de tromper tout le monde, de négocier avec tout le monde, de ne tenir aucune parole 2. »

Tandis que cette triste féodalité rhénane cherche en France les moyens de vivre, mendie à la porte des palais de nos rois, se fait une carrière dans les régiments à la solde de la France, tous ceux qui pensent et observent le mouvement des idées et la fermentation universelle das esprits, tournent aussi leurs regards du côté de la France et lui demandent une direction philosophique et sociale. Gœthe, qui naquit à Francfort en 1749 et étudia à Leipzig et à Strasbourg, salue avec confiance les débuts de la Révolution française. On pressentait aussi une révo-

1. Albert Sorel, l'Europe et la Révolution française, t. I, pp. 417-418.

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