‹ Le Rhin dans l'histoire (volume 2)Chapitre 171 sur 250 · A. Sorel, op. cit., t. NT, p · texte numérisé non relu

A. Sorel, op. cit., t. NT, p

surent à sauver l'Alsace et la Lorraine, en reprenant les lignes de Wissembourg, forçant .même les Autrichiens et les Prussiens à repasser le Rhin : nos bataillons hivernèrent .dans le Palatinat en partie reconquis.

Dans le NordL, les places fortes de Vauban barrèrent, encore une fois, la route à l'invasion. Cobourg usa ses forces et son temps à prendre Gondé, Valencienn.es et le Quesnoy ; puis, il échoua sous les murs de Maubeuge qui fut secourue à temps par Jourdan et Garnot. L'ennemi échoua aussi devant Dunkerque. L'hiver de 1793-94 fut employé par les Français comme par les coalisés, à préparer une nouvelle campagne. En dehors des opérations de guerre sur les Alpes et les Pyrénées, la lutte, dans le Nord et l'Est, s'engagea, comme aujourd'hui, sur un front qui s'étendait depuis les Vosges jusqu'à la mer du Nord.

Après la victoire de Jourdan à Fleurus, le 26 juin 1794, l'armée de Sambre-et-Meuse rentra dans Bruxelles. Celle du Rhin reprit Kaiserslautern, puis Trêves, le 9 août, forçant les Autrichiens à se réfugier sous le canon de Mayence ou à repasser le pont de Mannheim.

Nos affaires étaient rétablies; malheureusement, les français ne revenaient plus dans les mêmes conditions qu'en 1792. A cette date ils étaient venus, appelés par les populations, acclamés par elles comme des libérateurs ; ils apportaient, croyaiton, la liberté, la tolérance, le respect des personnes, des Jjiens et de la religion. Ordre avait été donné aux soldats de s'abstenir de toute déprédation. En 1794, l'armée française était une armée de conquérants en territoire ennemi; n'ayant point de ressources, elle fut forcée, pour vivre, de rançonner le pays occupé. Cette situation fut encore aggravée par l'état d'esprit persécuteur et l'attitude des représentants en mission qui, derrière les combattants, poussèrent les agents du fisc, les pillards, les exploiteurs et concussionnaires de toute catégorie, à se montrer impitoyables envers les populations. Ce fut la dernière des fautes : « Vaincre l'ennemi et vivre .à .ses dépens, écrivait. stupidement Baudot, c'est .le battre deux fois \. .» Et Albert Son!

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