‹ Le Rhin dans l'histoire (volume 2)Chapitre 173 sur 250 · Albeut Sorel, op. cit., t. IV, p · texte numérisé non relu

Albeut Sorel, op. cit., t. IV, p

pit de la Terreur révolutionnaire qui lui fit, un instant, cortège, A travers la crise intérieure, pourtant si terrible, que subissait la France, l'opinion publique était si bien conquise à l'idée du Rhin-frontière, que les plus pusillanimes se trouvaient emportés par l'entraînement général1.

Dans son Projet de Traité de paixt présenté au Comité de Salut public, en l'an III (1795), Sieyès préconise une paix durable sinon perpétuelle, dont la base est « la cession de la rive gauche du Rhin à la France l ». Il observe sagement qu'il ne suffit pas seulement de conquérir cette limite, naturelle comme les Pyrénées ou les Alpes, mais qu'il est indispensable de prendre des mesures pour la conserver dans l'avenir. Ce n'est pas une question de race ou de langue ; ces points de vue ne sont pas envisagés un seul instant par Sieyès. Les habitants, même d'origine allemande, sont toujours disposés à devenir Français; toutefois, il importe de procéder à leur égard avec douceur et équité et de leur faire valoir les bienfaits et les avantages du régime français. Les princes allemands possessionnés sur la rive gauche, seront dédommagés par des Etats sur la rive droite» plus importants pour eux et plus compacts : ils gagneront au change, et ces petits Etats intermédiaires et neutralisés tiendront à distance de trop puissants voisins, comme la Prusse et l'Autriche. Ils jouiront, comme la Suisse, 4'une paix assurée et garantie. Tout cela s'obtiendra à la satisfaction de tous, en sécularisant les évêchés et les principautés ecclésiastiques delà rive droite.

Lorsque les négociations préliminaires du traité de Bâle s'engagèrent avec la Prusse, le Comité de Salut public rédigea, pour notre ambassadeur Barthélémy, des Instructions qui disaient : « Le citoyen Barthélémy déclarera que la République regarde le Rhin comme sa limite naturelle, qu'elle est résolue de conserver. » Et le Comité recommande à Barthélémy « de serrer de près les diplomates prussiens, dont la réputation de cautèle était fort répandue en Europe. Malgré leur intérêt à traiter, il fallait agir avec eux comme si l'on doutait de leur siueé-

1. Albert Sorel, i Europe et la Révolution française, t. IV, pp. 338-339.

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