Alfred Rambaud, les Français sur leBhin, p
fications. Le 5, il part de Kaiserslautern avant le jour, pour se rendre à Simmern, où il couche. Le 6, Napoléon quitte Simmern, toujours à la première heure, et à 4 heures du soir il arrive à Trêves, à 22 lieues de Simmern. Les 7 et 8 octobre 1804, Napoléon séjourne à Trêves, toujours acclamé, s'intéressantaux ruines de la vieille capitale des Césars romains et surtout à ses fortifications. Le 8, il visite les positions des environs et celles du confluent de la Moselle et de la Sarre. Le 9, départ de Trêves, avant le jour. Arrivée à Luxembourg dans la matinée, à 11 heures. L'Empereur inspecte les fortifications jusqu'à la nuit. Le lendemain, il donne audience dès 7 heures du matin. A 11 heures, départ de Luxembourg pour Stenay. Napoléon est de retour à Saint-Gloud, le 12 octobre, avant midi.
Tel fut le rapide et triomphal voyage ,de Napoléon dans les départements du Rhin, en septembre 1804. Dégagé du cérémonial officiel, de la banalité des cortèges, des adresses et des discours, des fêtes et banquets, auxquels Napoléon se déroba toujours, il fut la consécration de la prise de possession du Rhin par la France, la reconnaissance par les populations, enivrées d'allégresse, de la souveraineté de Napoléon, dans lequel elles retrouvaient un empereur, mais welche comme elles, à la place d'un empereur gibelin; les professeurs répétaient à l'envi : major renom nascitur ordo. Tous les témoignages contemporains sont d'accord, et c'est en vain que des historiens allemands, après 1815, devenus insulteurs, se sont donné le mot d'ordre pour taire ce voyage ou pour en travestir certains épisodes où la servilité allemande s'était étalée jusqu'à la bassesse. A un point de vue plus relevé, ce voyage de Napoléon nous rappelle, d'une manière singulièrement frappante, celui de Louis XIV dans l'Est, après la paix de Nimègue. On se souvient que le grand Roi dissimulait, sous le rideau de la pompe et des fêtes de la Cour en déplacement joyeux, l'inspection sévère des forteresses dont Vauban dirigeait en silence et hâtait la construction.