Alfred IUmbaud, l'Allemagne sous Napoléon I", p
nouvelle, capable de les protéger, on les vit se tourner vers elle avec bonheur : « De toute l'Allemagne occidentale, remarque Rambaud, s'élevaient des voix pour supplier Napoléon de prendre en main les destinées de la Germanie. » Si la Révolution leur avait paru dangereuse et anarchique, le Vainqueur de l'Europe, avec son génie d'organisation, leur sembla reprendre la tradition de la Monarchie, socialement régénérée. Napoléon s'offrait pour continuer et développer la Ligue rhénane créée par Mazarin en 1658. « En reconstituant l'antique alliance du Rhin, dit Rambaud, Napoléon avait conscience de suivre la tradition de ses plus « augustes prédécesseurs », Henri IV, Richelieu, Louis XIV1. »
Avec des moyens d'exécution plus efficaces que ceux dont pouvait disposer Louis XIV, Napoléon fit stipuler, à Presbourg, que tous les princes allemands posséderaient dans leurs États, a la pleine souveraineté et tous les droits qui en découlent, au même titre que l'empereur d'Autriche et le roi de Prusse » (art. 14). Désormais, l'Empire d'Autriche et le royaume de Prusse étaient séparés de nos frontières par de modestes Etatstampon qui sollicitaient d'être notre clientèle allemande. La Ligue du Rhin de Louis XIV se trouvait singulièrement élargie à notre avantage, puisque la nouvelle Confédération était reportée toute entière sur la rive droite du Fleuve où le Protectorat du souverain de la France était recherché, solennellement affirmé et reconnu.
De 1805 à 1807, Napoléon et ïalieyrand organisent politiquement la nouvelle Confédération germanique, déterminent les limites des nouveaux Etats et les principautés à supprimer, fixent les indemnités qu'on doit aux petits souverains dépossédés. On fit des mécontents. La foule des petits princes féodaux qui se sentent sacrifiés, cherchent à se rattacher à la Prusse ou à l'Autriche, qui les encouragent secrètement dans leur opposition ; mais ils n'osent manifester au grand jour leurs sentiments hostiles, dans la crainte de n'être pas investis de quelque dignité de Cour, qu'ils sollicitent servilement.