‹ Le Rhin dans l'histoire (volume 2)Chapitre 187 sur 250 · Alfred Rambaud, op. cit., p · texte numérisé non relu

Alfred Rambaud, op. cit., p

Le Rhin dans l'histoire. — II. 25

« Il ne faut pas croire, disait Napoléon, aux protestations (amicales) des petits princes ; ils ont fait la même chose à Rastadt, et nous n'avons pas d'ennemis intérieurement plus acharnés... Quel scrupule pourrait-on avoir? Si les alliés eussent été victorieux, ils auraient donné la Bavière à l'Autriche... Il est dans la nature des circonstances actuelles de détruire tous ces petits princes... » Pour des raisons locales, on n'en conserve que trente-six ; tous les autres sont annexés aux États plus grands, dans lesquels ils étaient enclavés.

« Le système napoléonien reçoit les approbations de toute l'Allemagne, et plus d'un prince allemand écrit qu'on veuille bien se hâter d'exécuter ces réformes, parce que « les délais retardent sa félicité l ». C'est le 19 juillet 1806, que le traité de la Confédération germanique fut ratifié, à Saint-Cloud, par Napoléon. Les Etats principaux qui, dès l'origine, adhèrent à cette Convention, sont, dans le sud, les royaumes nouvellement créés, de Bavière et de Wurtemberg et le grand-duché de Bade. Au centre, il y avait, entre autres, les grands-duchés de Francfort et de Hesse-Darmstadt, le duché de Wurtzbourg. Dans le nord, le grand-duché de Berg, le duché de Nassau, etc.

De tous ces Etats, le plus considérable et le mieux « nationalisé » par ses traditions historiques et sa situation géographique était la Bavière, l'ennemie héréditaire de l'Autriche qui l'avait souvent envahie ; à maintes reprises, notamment en 1777, en 1784, en 1797, les Habsbourg n'en avaient-ils pas projeté la conquête ? D'un autre côté, comme la Bavière était profondément catholique, elle avait pour la Prusse une antipathie marquée, aggravée encore par une divergence de race et d'habitat. Les Prussiens étaient, en grande partie, de race slave ; leur pays était pauvre, marécageux et forestier ; leur organisation sociale était restée féodale. La Bavière, belle région, fertile en céréales, encerclée de hautes montagnes boisées, restait marquée de l'empreinte de sa race primitive, foncièrement celtique. D'instinct, la Bavière se tournait du côté de la France,

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