Alfred Ramuaud, op. cit., p
Le grand-duc de Bade, Charles-Frédéric, dont la puissance et les Etats furent décuplés, fut aussi comblé par Napoléon. Son petit-fils, prince héréditaire de Bade, épousa Stéphanie de Beauharnais, nièce de l'impératrice Joséphine. Eh bien! ces trois princes de Bavière, de Wurtemberg, de Bade, si empressés à servir les desseins de Napoléon et à solliciter des alliances matrimoniales avec les Bonaparte ou les Beauharnais, devaient être des premiers à abandonner l'Empereur et à le trahir !
Le grand-duc de Hesse-Darmstadt, Louis Ier (1753-1830) avait jadis, lui aussi, servi en Russie. Après avoir longtemps hésité, il se rallia loyalement à Napoléon Ier et en reçut le titre de grand-duc. Il fut fidèle à l'alliance française et s'honora en restant longtemps attaché à Napoléon dans les mauvais jours. En 1813, il disait courageusement : « Napoléon est mon ami, je lui dois de la reconnaissance et je lui serai reconnaissant tant que je vivrai1. »
Le grand-duc de Francfort, le Prince-Primat, Charles-Théodore, baron de Dalberg, archevêque de Ratisbonne, fut institué Président de la Confédération germanique. Né en 1744, à Heinsheim, près Worms, et élevé dans la diplomatie ecclésiastique, il fut longtemps gouverneur d'Erfurt. Il avait cherché d'abord un Protecteur à l'Allemagne dans le roi de Prusse et il essaya, en 1785, de constituer avec le grand Frédéric la fameuse Ligue des Princes allemands (Furstenbund) ; plus tard, en 1797, il crut pouvoir compter sur l'archiduc Charles ; enfin, il trouva le Protecteur rêvé dans Napoléon. Il était devenu en 1802, archevêque de Mayence.
Dès avant le traité de Presbourg, il donna publiquement les raisons pour lesquelles il abandonnait le parti autrichien pour se rallier à celui de Napoléon, « en la personne duquel, dit-il, renaît l'Empire d'Occident, tel qu'il avait existé sous Charlemagne, quand il comprenait l'Italie, la France et l'Allemagne ». On croirait entendre l'archevêque de Reims, Adalbéron, au temps des derniers Carolingiens. Il écrit à l'Empereur des Français: « Sire, le génie de Napoléon ne doit pas se borner à