‹ Le Rhin dans l'histoire (volume 2)Chapitre 190 sur 250 · Alfred Rambaud, l'Allemagne sous Napoléon I", p · texte numérisé non relu

Alfred Rambaud, l'Allemagne sous Napoléon I", p

procurer le bonheur de la France ; la Providence a fait naître les hommes supérieurs pour le monde entier. La noble nation allemande gémit dans les maux de l'anarchie politique et religieuse. Soyez, Sire, le régénérateur de sa constitution... l »

Au sacre de Napoléon, à Paris, Dalberg fut comblé de prévenances et d'honneurs par le Pape et l'Empereur. En 1810, ayant dû céder Ratisbonne à la Bavière, il reçut, en compensation, les principautés de Fulda et de Hanau dont furent dépouillées les maisons d'Orange-Fulda et de Hesse-Gassel.

Le duché de Berg, sur la rive droite du Rhin, en aval de Cologne, qui appartenait aux comtes palatins de Neubourg, avait pour capitale Dusseldorf ; il comprenait aussi les villes d'Elberfeld et de Barmen. En 1806, Napoléon l'érigea en Grand-Duché, en l'augmentant du pays ecclésiastique de Munster, du comté de la Marck, de l'abbaye d'Essen et de quelques autres territoires. Il en investit son beau-frère Murât, parce qu'il jugeait prudent d'avoir un prince français dans le sein même de la Confédération.

Le traité de Tilsitt, le 8 juillet 1807, érigea en royaume la Westphalie, pour le frère de l'Empereur, Jérôme Napoléon, qui en prit possession le 18 août; quatre jours après, le roi Jérôme épousait Catherine, fille du roi de Wurtemberg. N'est-il pas étrange de constater que ce royaume de Westphalie, destiné, dans la pensée de l'Empereur, à être comme un foyer d'idées et de culture françaises au cœur de la Confédération germanique, était précisément le pays où les vieilles traditions teutonnes étaient restées le plus âprement enracinées ? Là, en effet, se trouvait la forêt de Teutobourg, qui avait abrité le massacre des légions de Varus et retenti de la vengeance de Germanicus ; là, se trouvait le mont Suntal et serpentait le Weser, sur les bords duquel Witikind et ses Saxons avaient si longtemps, au nom de l'indépendance barbare, tenu en échec l'empereur Charlemagne. Le nœud du Harz est resté le fanatique foyer des légendes odiniques. Les Guelfes de Brunswick firent de cette ténébreuse région le centre de leur puissance, lorsqu'ils luttèrent contre les Gibelins. A Smalkalde, à Magdebourg, à

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