‹ Le Rhin dans l'histoire (volume 2)Chapitre 195 sur 250 · Alfrbd Rambaud, l'Allemagne sous Napoléon I", p · texte numérisé non relu

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eus continental rendit tyrannique les exigences de Napoléon en Hollande et nécessita l'occupation, par nos troupes, des villes libres hanséatiques. Par l'enchaînement des choses, Napoléon fut entraîné à s'immiscer dans les affaires intérieures de ces Etats, dans leur police, complaisante à l'excès pour ses ennemis, dans leurs gazettes et leur librairie, dans la surveillance de leurs ports et de leurs côtes, car ces pays maritimes, étrangers à la France, se refusaient à exécuter les prescriptions d'un blocus qui était si contraire à leurs intérêts. Les bourgeois de ces villes s'étaient enrichis par leur commerce avec les Anglais, et voilà que toutes leurs affaires se trouvaient entravées. Dès 1807, Napoléon entreprend de les franciser, en abolissant leurs anciennes coutumes et en introduisant chez elles les principes égalitaires de la Révolution. Les Anglais, installés dans l'île d'Héligoland, pratiquaient la contrebande, au grand jour, avec les Hanséates et les Hollandais qui favorisaient des projets de débarquements anglais sur les côtes. Pour couper court à ces difficultés et à tous ces complots, Napoléon résolut d'annexer la Hollande et les villes hanséatiques à l'Empire français.

Il commença par la Hollande, qu'il importait d'enlever au commerce anglais, aux intrigues, aux conspirations subventionnées par l'Angleterre. En constituant la Hollande en royaume, en 1805, Napoléon avait compté sur son frère, le roi Louis, pour faire appliquer avec vigueur les règlements du blocus continental. La Hollande était devenue un royaume vassal, dans la dépendance de la France ; les Hollandais s'applaudissaient de leur roi, mais ils voulurent s'affranchir des exigences du blocus. Le roi, lui-même, pour complaire à ses sujets, favorisait la contrebande, si bien que son royaume devint un véritable entrepôt de marchandises anglaises. Napoléon, après avoir adressé à son frère les reproches les plus sévères, finit par lui imposer, le 16 mars 1810, un traité de rectification de frontières au profit de la France, où on lit les considérants qui suivent : « Etant de principe constitutionnel, en France, que le thalweg du Rhin est la limite de l'Empire français, et les chantiers d'Anvers étant découverts et exposés par la situation actuelle des

limites des deux Etats1... » En conséquence, Napoléon se fait céder une partie du Brabant hollandais et de la Zélande, jusqu'au cours du Wahal ; de ces territoires on forma le département des Bouches-du-Rhin, et l'on réunit les îles de Zélande au département des Deux-Nèthes.

Par cette annexion, les bouches du Rhin et de l'Escaut furent désormais fermées à la contrebande anglaise. « Ce traité, dit Th. Lavallée, considéré au point de vue des limites naturelles, pouvait être excusé, puisqu'il rectifiait ce que le traité de 1795 avait laissé d'irrégulier et de défectueux dans les frontières de la France ; ce n'en était pas moins un démembrement difficile à justifier et qui irrita profondément la Hollande; d'ailleurs, on prévoyait que c'était le commencement d'une annexion complète. En effet, le roi Louis-Napoléon essaya de résister, puis il se décida à abdiquer. »

Après la fuite de son frère, Napoléon ne pouvait laisser la Hollande maîtresse de ses destinées : c'eut été la livrer aux Anglais. Il prit le parti de la réunir à son Empire, ce qui fut accompli par le sénatus-consulte du 9 juillet 1810 ; Amsterdam fut proclamée la troisième ville de l'Empire français ; Rome était la seconde. « C'était compléter, disait l'Empereur, son système de guerre, de politique et de commerce ; d'ailleurs, ce pays était réellement une portion de la France, puisqu'il n'était que l'alluvion du Rhin, de la Meuse et de l'Escaut, c'est-à-dire des grandes artères de l'Empire. »

Cette théorie avait déjà été soutenue par Louis XIV et par la Convention. Mais, n'étant pas ratifiée par le consentement des Hollandais, ce n'en était pas moins une spoliation à la prussienne. D'autres cantons des bouches du Rhin furent aussi annexés à l'Empire, pour compléter le blocus et fermer toute la côte aux Anglais. Enfin, en décembre 1811, vint le tour des villes hanséatiques, Brème, Hambourg et Lubeck, puis celui du duché d'Oldenbourg, entre les bouches du Weser et de l'Ems-

Il ne manque pas d'historiens qui se scandalisent de ces mesures de guerre et de ces annexions, justifiées seulement par

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