‹ Le Rhin dans l'histoire (volume 2)Chapitre 196 sur 250 · Th. La.va.llke, les Frontières de la France, p · texte numérisé non relu

Th. La.va.llke, les Frontières de la France, p

la nécessité de fermer les côtes de la mer du Nord aux Anglais *. Cependant, qui pouvait faire un pareil reproche à Napoléon ? En Europe, ce n'étaient pas les Anglais qui, eux-mêmes, convoitaient la Hollande et voulaient occuper Anvers et les villes hanséatiques. Etait-ce les Prussiens, ce peuple de proie, tortionnaire de la Pologne, et qui n'avait constitué son conglomérat que par la force brutale ? Était-ce l'Autriche qui avait si odieusement, avec la Prusse, démembré la Pologne et menacé la Bavière ? La liberté des villes hanséatiques fut-elle respectée par Blucher, lorsqu'en 1806, après Iéna, il se jeta sur Lubeck ? par Schill, lorsqu'il voulut rançonner Hambourg ? par le duc de Brunswick- GEls, lorsqu'il mit dans Brème une garnison? Et comme le remarque Alfred Rambaud, à une époque plus voisine de nous, en 1866, qu'ont fait les Prussiens de la «ville libre» de Francfort2 ? Que dis-je, en France même, quels avaient été les agissements de la Révolution qui était partout intervenue, à l'étranger, pour affranchir les peuples, à sa façon3 ? Garnot dit luimême au prussien Sandoz, en parlant de Hambourg : « Ces gens-là sont trop riches et il est indispensable qu'ils achètent chèrement leur neutralité4. » Napoléon était-il de tempérament à avoir plus de scrupules que ses ennemis et à se laisser distancer par eux dans les moyens de combattre ?

Après l'annexion de la Hollande, l'Empereur voulut la visiter. Dans les premiers jours d'octobre 1811, il partit d'Anvers, « ce pistolet, comme il disait, braqué sur la poitrine de l'Angleterre ». Il emmenait avec lui, Marie-Louise, la nouvelle impératrice. Le 6 octobre, il est à Utrecht, où il passa en revue l'armée du maréchal Oudinot. Le 9, Napoléon et Marie-Louise sont à Amsterdam où ils séjournent jusqu'au 24, faisant diverses excursions. Les Hollandais contemplent, avec un étonnement plein de respect admiratif, l'Homme extraordinaire qui tenait en sa main les destinées de l'Europe. Napoléon, sans doute pour pallier les ressentiments, flatter les Hollandais et leur donner l'espoir

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