Grkg. de Tours, Miracula Beati Martini, IV
ner le culte d'une statue colossale de Diane érigée à quelque distance.
Dans les campagnes rhénanes, en effet, le paganisme galloromain était loin d'avoir été extirpé ; il avait même accueilli certaines pratiques superstitieuses apportées de Germanie par les Francs. A l'exemple de saint Martin, des missionnaires chrétiens parcouraient les campagnes pour combattre les cultes païens sous toutes leurs formes. C'est ainsi qu'à Cologne même, on voyait, au temps de Thierry Ier (511-534), peut-être encore le fameux autel des Ubiens {ara Ubiorùm) dont parle Jules César. Thierry était venu à Cologne accompagné de saint Gall, le grand-oncle de Grégoire de Tours.
« Or, raconte ce dernier, il y avait là un temple rempli de divers ornements, où les Barbares du voisinage venaient faire des sacrifices et se gorger de viande et de vin jusqu'à vomir. Ils y adoraient aussi comme divinités des idoles et ils y déposaient des membres de forme humaine qu'ils sculptaient en bois quand quelque partie de leur corps était atteinte par la maladie. » Saint Gall mit le feu au temple, mais il eut été massacré par les païens sans la protection du roi Thierry1.
En 588, au lendemain du traité d'Andelot entre Contran, roi de Bourgogne, et Childebert II, roi d'Austrasie, celui-ci alla résider dans sa ville de Marley {Marilegium) , non loin de Strasbourg. Lorsqu'il mourut, en 596, ses deux fils, Théodebert II et Thierry II, se partagèrent ses Etats : le premier eut l'Austrasie et le second, la Bourgogne. Mais une contestation s'éleva au sujet de la limite respective des deux royaumes. L'Alsace faisait partie du royaume de Bourgogne et Thierry affectionnait particulièrement cette contrée où il était né, avait été élevé et où il aimait à chasser. Théodebert voulut la lui enlever ; il y vint et exerça dans la Basse-Alsace des déprédations « à la manière des Barbares », dit la chronique de Frédégaire.
Les deux rois convinrent de conférer ensemble à ce sujet. Ils tinrent un plaid, à Seltz, sur le Rhin. Thierry s'y rendit avec dix mille soldats ; Théodebert amena, de son côté, une armée