‹ Le Rhin dans l'histoire (volume 2)Chapitre 205 sur 250 · A. Sorel, le Traité de Paris du 20 novembre 1815, p · texte numérisé non relu

A. Sorel, le Traité de Paris du 20 novembre 1815, p

voitise des anciens Germains se ruant à la curée de la Gaule romaine.

Aussitôt après le 20 mars, Napoléon avait écrit à la Diète helvétique pour l'inviter à faire respecter sa neutralité. Mais les Suisses qui étaient sous l'influence autrichienne, refusant de l'écouter, signèrent, le 20 mai, une convention avec les Alliés par laquelle ils autorisaient le passage des armées de la coalition sur leur territoire. « C'était, disait le traité, sans tirer à conséquence pour l'avenir et pour accélérer l'époque où le principe de la neutralité de la Suisse pourrait être appliqué d'une manière avantageuse et permanente '. » Ainsi, la neutralité était suspendue quand il s'agissait d'envahir la France !

Après Waterloo et la seconde abdication de Napoléon, le Gouvernement provisoire envoya des ambassadeurs aux Souverains alliés, alors à Haguenau. Leurs instructions portaient : « Si la guerre déclarée par les Puissances alliées à l'empereur Napoléon n'était, en effet, déclarée qu'à lui seul, l'intégralité de notre territoire n'est point menacée. Il importe à l'équilibre général que la France conserve au moins les limites que le traité de Paris lui a assignées ] . »

Mais ceci ne faisait point l'affaire des Prussiens. Blucher et Gneisenau veulent faire fusiller Napoléon, brûler Paris, et ravager la France, à leur gré ; ils le proclament hautement, si bien que Wellington traite leurs projets « d'acte criminel ». Gneisenau pousse le cynisme jusqu'à avouer que « le motif de la vengeance qu'il veut exercer contre Napoléon, c'est qu'il était la cause de l'appauvrissement de la Noblesse prussienne3 ».

Voilà le mot vil lâché : la France subit la vengeance de la noblesse de Prusse, les Junkers, ces automates de caserne. Voilà pourquoi la deuxième restauration de Louis XVIII n'arrête point, même après que l'Empereur est prisonnier à bord du Bellérophon, l'irruption des armées alliées; la France se trouva bientôt couverte de plus d'un million de pillards, comme la Gaule au temps de l'empereur Gallien.

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