‹ Le Rhin dans l'histoire (volume 2)Chapitre 206 sur 250 · A. Sorel, op. cit., p. 60, note · texte numérisé non relu

A. Sorel, op. cit., p. 60, note

Des proclamations répandues en Allemagne convièrent tous ceux qui pouvaient se mettre en route « au sac de la nouvelle Babylone », promettant le démembrement de « cette ennemie commune du genre humain ». — « Marchons, disaient les hoberaux allemands, pour écraser, pour partager cette terre impie, que la politique des rois ne peut laisser subsister sans danger pour les trônes. Il faut exterminer cette bande de brigands qu'on appelle l'armée française. Le monde ne peut rester en paix tant qu'il existera un peuple français *. »

Et les plénipotentiaires de Vienne reprennent leurs travaux, sur la base d'un nouveau démembrement de la France. Seuls, l'empereur de Russie et ses représentants, ainsi que les négociateurs anglais, se montrent animés, vis-à-vis de la France, d'un sentiment d'équité et ont le souci de respecter leurs engagements. Capo d'Istria, le plénipotentiaire russe, écrit, le 28 juillet 1815 : « Les Puissances alliées, en prenant les armes contre Bonaparte, n'ont point considéré la France comme un pays ennemi (Déclaration du 13 mars; traité du 25 mars ; déclaration du 12 mai). Maintenant qu'elles occupent le royaume de France elles ne peuvent donc y exercer le droit de conquête. Le motif de la guerre a été le maintien du traité de Paris, comme base des stipulations du Congrès de Vienne... En portant atteinte à l'intégrité de la France, il faudrait revenir sur toutes les stipulations de Vienne2... » Capo d'Istria ajoute : « Affaiblir directement ou indirectement les forces de la nation française, pour l'obliger à respecter le gouvernement que l'Europe veut reconnaître comme légitime, c'est dire à la France qu'un gouvernement légitime est pour elle une calamité, c'est justifier peut-être, aux yeux de la postérité, toutes les horreurs de la Révolution, c'est faire croire à la France que la guerre n'est point terminée. . . »

Telle était la pensée de l'empereur Alexandre qui, par là, posait comme base des délibérations, le principe de l'intégrité territoriale de la France. Quant aux plénipotentiaires prussiens, ils déchirent, en soudards sans scrupule d'aucune sorte, leurs engagements écrits. Humboldt et Hardenberg spécifient: «Notre

Page 1