Arthur Ghuquet, Revue hebdomadaire, juillet 1915, p
de Lamartine sur ta Marseillaise de la paix et celui de Proudhon sur la fraternité universelle des peuples. Seul, le nom de la Pologne suscite un enthousiasme guerrier, mais frénétique, par exemple ! et Blanqui somme le Gouvernement, au nom de la Paix universelle, de voler, les armes à la main, au secours de la Pologne opprimée !
Ce don-quichottisme inoffensif et — vu à distance — plutôt plaisant, ce besoin singulier d'intervention chez les autres, qui fut toujours notre travers généreux, est d'autant plus étrange ici, qu'il est à l'actif de gens qui ne pardonnaient pas à Napoléon son intervention hors des limites de la France. On en a fait la remarque : « Si nous avions mis autant d'ardeur à revendiquer nos frontières mutilées qu'à défendre la cause des Polonais, des Italiens, des Grecs, des Espagnols, des Belges, des Egyptiens, des Allemands ; si nous avions dirigé notre volonté sur une revanche à prendre, avec autant de constance que l'Allemagne tournait la sienne à la conquête de la Lorraine et de l'Alsace, depuis longtemps notre grandeur eût été reconstituée, et nous n'aurions pas été surpris à l'improviste par le larcin de nos provinces *. »
Deux fois, en 1848 et en 1850, la vieille rivalité de la Prusse <et de l'Autriche se réveilla, à propos du Zollverein, et faillit amener la guerre. En 1850, la Hesse électorale, soutenue par l'Autriche, ne voulut pas entrer dans la ligue : tout de suite, la Prusse, devenue arrogante, parce que déjà forte, jette sur elle une armée. La terrible question est désormais posée « par le fer et par le sang » : à qui sera l'Allemagne ? à l'Autriche ou à la Prusse ? Ni la France ni l'Autriche n'avaient su intervenir, même diplomatiquement, quand l'heure avait sonné pour elles. En France, nous aimions mieux l'aire des révolutions ou nous décerner des brevets de sagesse et de prudence. Pour n'avoir pas su choisir le moment opportun de résoudre la question rhénane dans le sens français, sous la Restauration et sous Louis- Philippe, nous la voyions, avec une impardonnable légèreté d'esprit, évoluer et se réaliser dans le sens prussien. Héritier