‹ Le Rhin dans l'histoire (volume 2)Chapitre 222 sur 250 · Eu. Ollivier, L'Empire libéral, l. I, p · texte numérisé non relu

Eu. Ollivier, L'Empire libéral, l. I, p

des fautes de ses prédécesseurs, notre Gouvernement, à partir du milieu du xixe siècle, quel qu'il fut, allait se trouver aux prises avec le même problème, désormais mal engagé pour nous, mais inéluctable, toujours renaissant, comme sous la Monarchie, comme au moyen âge, comme dans l'antiquité ! Qu'on ne parle pas d'ambition conquérante et folle de notre part. Toute l'histoire proteste contre cette théorie imbécile : l'ambition, la soif de conquêtes, le besoin de dévaster, d'envahir et de franchir le Rhin sont chez les Prussiens.

Dès le temps où il fut président de la République, Louis-Napoléon sentit la nécessité, pour la sécurité de la France, de réparer l'atonie et les illusions des gouvernements antérieurs, en cherchant à reprendre la question de notre frontière rhénane ; en 1850, il s'en ouvrit à lord Malmesbury, pour obtenir, le cas échéant, l'appui ou la neutralité de l'Angleterre *.

Le plan de Napoléon III fut de chercher à profiter de l'antagonisme de la Prusse et de l'Autriche et de donner éventuellement son appui à l'une ou à l'autre de ces deux Puissances, moyennant la rétrocession à la France de la rive gauche du Rhin. Ce fut toute la politique de son règne, et il y échoua diplomatiquement et militairement. Qui oserait soutenir, que dans cet échec, les gouvernements qui ont précédé l'Empire n'ont pas leur part de responsabilité ?

Le mouvement antifrançais qui s'était manifesté en Allemagne sous la poussée de la Prusse, en 1840, c'est-à-dire dix ans auparavant, avertissait qu'il fallait agir avec prudence et discrétion. Mais le seul nom de Napoléon paraissait une menace, était un programme de revendication rhénane. Lorsque le Prince-Président envoya Persigny comme ambassadeur à Berlin, le bruit se répandit en Allemagne que notre ambassadeur venait négocier des provinces rhénanes. Persigny fut obligé de protester : « On cherche à dénaturer ma conduite. On suppose que je suis venu ici pour demander à la Prusse les provinces rhénanes en échange de son agrandissement en Allemagne; le gouvernement prussien tâche d'accréditer ce bruit.

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