Ch. Pfister, op. cit., p
3. Doch dort an den Vogesen Liegt ein verlornes Gut ; Dort gilt es deutiches Blut vom Hôllenjoch zu lôsen. Ch. Pfister, op. cit., p. 8.
tion1 ». Encouragés par le gouvernement prussien, les historiens allemands s'évertuaient à démontrer que « non seulement l'Alsace, après Metz, mais Nancy, mais la Flandre et l'Artois, la Bourgogne et la Franche-Comté, Lyon et le Royaume d'Arles, étaient des provinces germaniques traîtreusement dérobées au Saint-Empire 2 ».
C'est par milliers qu'on pourrait citer les preuves des provocations prussiennes, pour la période comprise entre 1867 et 1870; c'est à croire que la vue de la splendeur française, pendant l'Exposition universelle, avait eu pour effet de surexciter le sentiment de basse envie qui est au fond de l'âme teutonne. Le parti militaire et l'Université, ces deux foyers du pangermanisme, concertent leur action et sont en étroite union. C'est comme une sorte de résumé de cette rage envieuse, issue de l'atavisme germanique, que renferment les paroles prononcées par le Recteur de l'Université de Berlin, à la veille de la guerre de 1870 : « Il se peut que nous ne puissions pas détruire la nation française comme les Anglo- Américains ont détruit les Peaux-Rouges. Mais il pourrait arriver quelque chose de plus terrible encore, à savoir que les Français, semblables à des malfaiteurs bannis de toute société, tournassent, dans leur désespoir, leurs armes les uns contre les autres et que, au sortir de ces luttes homicides, la famille gallo-romaine fût anéantie3. »
Bismarck attisait le feu de cette haine parce qu'il avait besoin de la guerre pour achever son œuvre d'hégémonie prussienne. Il ne tenait bien dans sa main que l'Allemagne du Nord ; les Etats du Sud lui résistaient toujours, comptant à la fois sur l'Autriche et sur la France pour maintenir et sauvegarder leur indépendance. On constatait aussi, chaque jour, en dépit des violences prussiennes, que les souvenirs français étaient loin d'être effacés dans la région rhénane; ils paraissaient s'y raviver avec les bruits de guerre. On connaît la réponse de l'empereur Guillaume Ier à l'un de ses conseillers qui s'étonnait de la lenteur de la germanisation en Alsace-Lorraine : « Les Français