Cité par J. Zeller, Hist. d'Allem., lntrod. p. xxvi
n'ont occupé la province rhénane que pendant vingt ans et après soixante-dix ans leurs traces n'y sont pas effacées1. »
En 1872, un habitant notable du Palatinat, parlant de la guerre de 1870, disait encore : « Quant à nous, nous étions tout prêts à devenir Français, dans le Palatinat; c'était une affaire arrêtée. Nous ne le désirions pas, mais on se serait résigné : c'est la guerre. Est-ce que nous nous sommes fait prier sous le premier Empire? Avons-nous fait des simagrées? Napoléon nous avait battus et conquis : nous sommes devenus Français, très bons Français, et même le goût de la France nous est resté assez longtemps encore, après 181 5 2. »
Plusieurs collectionneurs de médailles possèdent un double thaler, à l'effigie de l'empereur Napoléon III, dont voici la description :
NAPOLEON III KAISER DER FRANZOSEN. Buste de Napoléon III de profil à gauche. Sur la tranche du cou, la signature de l'artiste allemand, F. KORN.
Revers : Dans une large couronne de chêne l'inscription : GOTT SCHUTZE KAISER UND REIGH [Dieu protège l'Empereur et l'Empire).
A l'exergue, sous le nœud de la couronne, les mots IN MAINZ (à Mayence).
Cette médaille d'argent, exécutée habilement par le graveur Korn, de Mayence, fut frappée en un certain nombre d'exemplaires à l'Hôtel des monnaies de Francfort, quand cette ville était encore ville libre. Due à l'initiative privée, elle n'a point de caractère officiel, mais elle n'en témoigne pas moins des sentiments 'francophiles que professaient encore, sous le second Empire, une bonne partie des habitants de Mayence, et des vœux qu'ils formaient de voir arriver les bataillons français dans leurs murs3.
Quel était, en France, l'état des esprits et quelle fut l'attitude du Gouvernement ?