Edmosd About, l'Alsace, p
3. La médaille est reproduite dans : Emile Dewamin, Cent ans de numismatique française, t. II, p. 14, fig. 3. On fabriqua à Mayence d'autres pièces allemandes du même genre, mais en plomb. 11 m'en est passé plusieurs en mains, qui n'ont jamais été publiées.
Parmi les hommes politiques qui agissaient sur l'opinion, les uns, irrités de l'hostilité injurieuse et de la mauvaise foi prussiennes, pressaient le Gouvernement d'intervenir et voulaient qu'on posât enfin, une bonne fois, au Gouvernement de Berlin, la question de la rectification de notre frontière rhénane. Granierde Cassa gnac écrit, en 1867 : « La Prusse ne peut avoir la prétention de dominer du Niémen àThionville. La lame de l'épée prussienne doit donc être coupée au Rhin ; et puisque les traités de 1815 sont tombés, il faut qu'ils soient à terre pour tout le monde. »
Le polémiste le plus populaire de cette époque, Emile de Girardin, rappelait sans cesse, dans la Liberté, ce mot de Napoléon : « La France, sans les départements du Rhin, sans la Belgique, sans Anvers, sans Ostende, ne serait rien. » Et Girardin proclamait que pour faire contrepoids à l'unité de l'Allemagne, il fallait l'unité de la France jusqu'au Rhin. Girardin, traité d'énergumène par « les sages et les esprits réfléchis », était tout simplement dans la tradition de toute l'histoire de France. On publia, en 1867, un écrit posthume de Proudhon (mort en 1865), France et Rhin, dans lequel le fougueux révolutionnaire, qui est pour l'abolition des frontières, des dettes, de la peine de mort et, sans doute aussi, de l'orthographe, reconnaît toutefois que la revendication de la frontière du Rhin est l'idée traditionnelle et persistante des Français : « Toute la politique française, je parle de la politique instinctive, traditionnelle, est là, dit-il : elle est innée dans le peuple; tous les Gouvernements, du plus au moins, à peine d'impopularité, ont dû la servir. »
Proudhon ajoute : « L'empire de Napoléon abattu, la ligne du Rhin est reprise à la France ; mais l'instinct du pays renaît plus opiniâtre...; la tradition monarchique, les souvenirs impériaux, l'opposition des partis, le ressentiment des masses, l'insolence de la coalition, tout y pousse. Les malheureux Bourbons s'y remettent comme des forçats à la tâche... Il n'y a pas jusqu'à Louis- Philippe, le déserteur de la suprématie française, qui ne se soit vu forcé, malgré son amour de la paix, d'appuyer la séparation de la Belgique *. »