Gh. Gr.vd, l'Alsace, p
lui aussi, pour expier ses péchés, plusieurs abbayes : vers 717, celle de Saint-Etienne de Strasbourg, et vers 721, celle de Honau. Adalbert mourut vers 722, laissant deux fils dont l'aîné Liutfrid lui succéda comme duc d'Alsace.
La charge devenait ainsi héréditaire. Son frère Eberhard reçut le titre de comte : c'est lui qui protégea l'abbé Pirmin. Enfin, leur sœur Eugénie succéda à sainte Odile, leur tante, comme abbesse de Hohenbourg. Le duché d'Alsace était, sous toutes ses formes, désormais un patrimoine de famille.
Il est probable que le duc Liutfrid accompagna Charles Martel dans ses expéditions au delà du Rhin contre les Alamans. Les historiens ne prononcent plus le nom du duc Liutfrid après 739. On ne sait comment il mourut, mais il est aisé de deviner pour quels motifs il n'y eut plus, après lui, de ducs d'Alsace. La famille ambitieuse des Arnulfings devenait de jour en jour plus puissante; elle aspirait à ravir le trône aux faibles Mérovingiens et pour parvenir à ses fins il lui fallait faire dis paraître tous les obstacles. « Voilà pourquoi, observe Pfister, Charles Martel ou Pépin le Bref détruisit le duché d'Alsace et ne nomma plus, dans ce pays, comme représentants de l'autorité royale, que de simples comtes. L'expression ducatus Helisacensis demeura comme un souvenir, mais ne répondait plus à aucune réalité *. » Les comtes du Nordgau et du Sundgau commencèrent alors à gouverner l'Alsace, sous l'autorité directe des rois.