‹ Le Rhin dans l'histoire (volume 2)Chapitre 37 sur 250 · R. Parisot, op. cil., p · texte numérisé non relu

R. Parisot, op. cil., p

royaumes, ni les limites naturelles, rivières, montagnes, forêts, ni les dialectes romans et tudesques, ni les limites administratives des comtés et des évêchés. Rien de plus disparate que le royaume adjugé à l'empereur Lothaire, qui renfermait des Frisons, des Francs, des Bourguignons, des Provençaux, des Lombards et d'autres Italiens.

Les autres royaumes n'étaient pas plus homogènes. Dans celui de Louis le Germanique, l'élément roman était dans les cités de Mayence, Worms et Spire; le reste était germanique, mais de diverses races : Franconiens, Bavarois, Alamans et autres Barbares. Le royaume de Charles avait, pour élément dominant, une population romane, mais il s'en fallait qu'il fût homogène, avec les Francs, les Ibères, les Bretons, les Aquitains, les Visigoths, les Bourguignons et les Gallo-Romains.

« En fait, dit encore Parisot, le traité de Verdun a réparti d'une façon arbitraire, entre les trois fils de Louis le Pieux, les Etats que gouvernait ce prince; il n'a créé ni la France, ni l'Allemagne et encore bien moins l'Italie. Démembrement de l'empire carolingien, morcellement du pays franc, et par suite, destruction de la nation franque : telle nous apparaît en défininitive l'œuvre néfaste accomplie à Verdun, en 843 l. »

Impossible, par conséquent, à tout esprit impartial, de tenir compte, dans quelque mesure que ce soit, de l'assertion des historiens allemands de nos jours, qui répètent à l'unisson que le traité de Verdun, en 843, a consacré définitivement les limites de la France et de l'Allemagne ; et d'un mot digne d'être mis en parallèle avec celui de Robert Macaire : « cette malle doit être à moi », ils entendent bien que le royaume franc de Lothaire, jusqu'à la Meuse et l'Escaut, doit être rattaché à l'Allemagne. Un savant allemand, interrogé par Edgar Quinet, vers 1840, répondait à ce dernier, au sujet de la question rhénane : « Nous voulons revenir au traité de Verdun entre les fils de Louis le Débonnaire2. » Il y a trois parts, ils s'en adjugent deux.

Mais, même dans l'hypothèse saugrenue où les nationalités

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