J. Càlmette, la Diplomatie carolingienne, p
tenter de tenir dans sa main tous les évèques de l'Empire, en cherchant à leur faire reconnaître la primatie de Drogon, archevêque de Metz, fils naturel de Gharlemagne. Par les évêques, Lothaire espère s'ingérer dans les affaires intérieures des royaumes de ses frères ; ceux-ci voient le piège et résistent.
Le 28 février 847, les trois fils de Louis le Débonnaire confèrent au palais de Mersen (Meersen), près de Maëstricht. Le péril normand et des affaires secondaires sont les questions agitées, avec, déjà, des modifications des frontières tracées à Verdun, toujours pour mieux équilibrer les revenus fiscaux.
Dans les années 849 et 850, les trois rois ont encore des entrevues, au cours desquelles ils se font les plus chaleureuses protestations d'inaltérable amitié, se promettant aide et protection mutuelle contre leurs ennemis extérieurs, jurant de rester unis, de ne point donner asile dans leurs royaumes respectifs, à des rebelles réfugiés. A Cologne, en 850, a lieu encore une conférence de ce genre, entre Louis et Lothaire. De Cologne ils vont chasser ensemble dans la forêt d'Osning, en Westphalie, dans l'Eggegebirge. Les effusions cordiales des deux frères « émerveillèrent » les évêques et les seigneurs, si bien que l'on convint de se rencontrer encore, l'année suivante (mai 851), à Mersen; et là, furent confirmées les conventions antérieures.
Cependant, dès la fin de 850, Gunther étant archevêque de Cologne, des difficultés s'élevèrent entre Lothaire et Louis, au sujet du siège épiscopal de Brème, parce que si Cologne était bien dans le royaume de Lothaire, le siège de Brème, suffragant de Cologne, se trouvait dans celui de Louis le Germanique ; c'est là un exemple des inextricables questions qui s'agitaient dans les réunions à peu près annuelles des princes carolingiens toujours pénétrés, au milieu de leurs querelles, de la foi traditionnelle dans l'unité indissoluble de l'Empire.
Le Rhin dans l'histoire. — II.