‹ Le Rhin dans l'histoire (volume 2)Chapitre 44 sur 250 · R. I'aiusot, op. cit., p · texte numérisé non relu

R. I'aiusot, op. cit., p

le savant allemand Waitz, la frontière linguistique avec la frontière politique. « La vérité est que le roi de France avait dans son lot des régions où l'on parlait l'allemand, telles que la Frise, la Toxandrie, la moitié à lui assignée du comté de Masau (Maselant), ainsi qu'une partie du Brabant; tandis que dans la part de Louis le Germanique, se trouvaient des fractions importantes des diocèses de Metz, de Toul, de Langres et de Besançon où le roman était la langue des habitants1. »

Bien loin qu'on se soit préoccupé de respecter, à Mersen, les frontières naturelles et linguistiques, on constate que tel canton (pagus) est attribué à l'un des co-partageants, en même temps que telle abbaye englobée dans ce canton est donnée à l'autre. « hepagus Calvomontensis appartenait au roi de Germanie, mais Charles avait l'abbaye de Senones, située dans la partie orientale de ce pagus ,\o\xi de la frontière ; si ce prince était maître du pagus Portensis, son frère s'était réservé plusieurs des abbayes qui s'y trouvaient, Faverney, Lure et Luxeuil2. » Toujours, et sans autre préoccupation, c'est l'équilibre des revenus qui fait la règle des répartitions.

D'ailleurs, l'état de choses constitué par le partage de Mersen ne dura que neuf ans, et l'on n'y est jamais revenu plus tard. Il n'y a donc point lieu d'attacher à ce partage, pas plus qu'à celui de Verdun ou celui de 855, l'intérêt qu'ont voulu lui attribuer certains historiens, au point de vue ethnique ou linguistique. « L'importance du traité de Meerssen, dit encore Parisot, a été fort exagérée par certains historiens qui prétendent, bien à tort, que soit par suite d'un dessein préconçu, soit par l'effet d'un pur hasard, la nouvelle frontière politique coïncidait avec la limite des races et des langues. » Ou plutôt, l'importance de ce traité désastreux, comme l'a bien vu M. Parisot, est tout opposée à celle qu'on prétend, puisqu'il mettait en morceaux la France Lotharingienne. Ce pays, naguère encore centre de l'Empire, est désormais coupé en deux et transformé en marche frontière pour la France aussi bien que pour l'Allemagne. Le pacte de Mersen sanctionnait l'humiliation et la

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