‹ Le Rhin dans l'histoire (volume 2)Chapitre 49 sur 250 · Jules Zeller, Hist. d'Allemagne, t. II, p · texte numérisé non relu

Jules Zeller, Hist. d'Allemagne, t. II, p

des tribus de race franque, sur le Mein inférieur, une lutte terrible et sans pitié était engagée entre les deux familles des Conrad et des Babenberg. C'est une guerre d'extermination et d'atrocités sans nom. Le chef des Babenberg, Adalbert, finit par succomber en 926; il fut décapité. La famille conradienne, triomphante et débarrassée de sa rivale, montera bientôt sur le trône royal de Germanie.

Durant cette période d'anarchie, les invasions des Hongrois viennent encore accroître la misère générale. Ces tribus étaient un rameau des Huns d'autrefois ; ils les rappelaient par leurs mœurs, leur férocité, leurs déprédations. De la Bohême ils descendirent dans la vallée de l'Elbe et, par le Mein, s'avancèrent jusqu'au Rhin ; le duc de Haute-Lorraine, Gebhard, fut tué, le 12 juin 910, àLechfeld, dans une bataille contre ces Asiatiques. Toutes les armées que les margraves ou chefs militaires des duchés-frontière, leur opposèrent, furent successivement anéanties. « L'Allemagne tremblait devant ces descendants des Huns, aux yeux creux et étincelants, au teint basané, aux nattes de cheveux tombant sur les oreilles, qui, disait-on, mangeaient la chair crue et buvaient le sang humain. Elle croyait qu'ils étaient venus du bout du monde, avec Gog et Magog, sur leurs infatigables chevaux, rapides comme l'éclair, pour tout dévaster1. »

Ainsi, l'Allemagne était, pour des causes intérieures et extérieures, redevenue ou plutôt restée le domaine de la Barbarie. Seuls, des monastères, des villes épiscopales isolées les unes des autres, échappaient plus ou moins à l'emprise de l'habitat germain et de l'odinisme forestier qui s'imposaient aux hommes de guerre, en vain marqués du sceau du baptême. Cet état social, fait de meurtres et de pillage, éloignait nécessairement la Lotharingie de l'Allemagne, en dépit des liens de famille des dynasties régnantes.

A la mort de Louis l'Enfant, en 911, les Francs de Lotharingie étaient si peu attachés aux rois d'Allemagne que, cette fois, ils s'empressèrent de reconnaître pour souverain le roi de la France occidentale, Charles III le Simple.

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