‹ Le Rhin dans l'histoire (volume 2)Chapitre 52 sur 250 · Ph. Lalek, Louis IV d'Outremer, p · texte numérisé non relu

Ph. Lalek, Louis IV d'Outremer, p

Le Rhin dans l'histoire. — II. 8

Malheureusement, une calamité extérieure vint, tout d'abord, contrarier les bons effets qu'on attendait de ce retour à la légitimité : ce fut une invasion hongroise, la plus terrible de toutes celles qui s'étaient produites jusque-là. Ayant franchi le Rhin à Worms, en 937, les Barbares couvrirent la Lorraine, puis la Champagne, pillant, brûlant tout, à Reims, Sens, Bourges et plus loin encore.

Le fléau passa comme un ouragan dévastateur. Il n'était pas éloigné que les ambitions des grands feudataires, de plus en plus âpres, recommencèrent à rendre précaire la situation du jeune roi, prisonnier des intrigues de Hugues le Grand, d'Heribert de Yermandois, de Giselbert de Basse-Lorraine. Pourtant en 938, à la suite d'événements qu'on connaît mal, on voit Louis d'Outremer reprendre possession de l'Alsace ou, du moins, faire une incursion hardie jusqu'à Brisach2.

Giselbert qui paraît l'avoir aidé dans cette occasion, vint avec d'autres seigneurs, lui offrir la couronne de Lotharingie. Ge Giselbert, duc de Basse-Lorraine, personnifie bien, dans cette période de la décadence carolingienne, à la fois le loyalisme lorrain, l'attachement aux souvenirs de Gharlemagne et de sa famille, et les égoïstes revendications des seigneurs féodaux qui travaillent surtout à instaurer dans leurs domaines leur autorité souveraine. On connaît le portrait sévère que le moine Richer a tracé de lui. Ge prince ambitieux, qui passe tour à tour du parti allemand dans le parti français, au gré de ses intérêts personnels, n'était probablement, remarque Parisot, ni meilleur ni pire que les puissants féodaux de son temps ; il pille, il vole surtout les biens des églises; il vend son épée; il est brave à la chasse et à la guerre, fourbe, emporté, mobile de caractère et sans scrupule sur les moyens, susceptible de générosité, d'accès de repentir, de sentiments religieux, par-dessus tout jaloux de son indépendance. Il fait songer par avance à Charles le Téméraire. Sous son impulsion audacieuse, la Lotharingie depuis Bâle jusqu'à la Frise, se détache du roi saxon Otton, pour se rallier au légitime descendant de Charlemagne.

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