F. Lot, op. cit., p
959, il vint lui-même à la tête d'une armée de Lorrains, assiéger Troyes et Dijon, pour faire rentrer sous l'autorité du roi de France les grands de Bourgogne révoltés. Pendant neuf années, de 956 à 965, on peut dire que l'archevêque de Cologne, fut à la fois duc de Lorraine et régent du royaume de France1.
Après une expédition en Flandre, conséquence de la mort du comte Arnoul le Grand, en 965, le roi Lothaire, avec son frère Charles et leur mère Gerberge, se rendirent de nouveau à Cologne, auprès d'Otton et de Brunon.
« Otton, dit Ferdinand Lot, parut alors le maître de l'Europe occidentale; il toucha à l'apogée de sa grandeur. Lothaire, âgé d'environ vingt-cinq ans, fit, sans doute, l'effet d'un roi vassal, dans la grande assemblée du 2 juin 965, où nous le voyons avec Brunon, Frédéric de Bar, Odelric archevêque de Reims et beaucoup d'autres personnages, souscrire un diplôme confirmant la fondation de Saint-Martin de Liège, par Pévêque Everacle. » 2 Un acte du même genre montre que l'autorité nominale de Lothaire était reconnue jusque dans le comté de Waës, en Hollande3. Il avait toujours des partisans dans toute la Lorraine. Brunon mourut en octobre 965. Tout de suite, la possession de la rive gauche du Rhin devint précaire pour Otton, bien qu'il eût recueilli le titre impérial en 962. Les Lorrains se tournèrent du côté de Lothaire, avec une confiance d'autant plus grande que le jeune roi manifestait hautement la volonté de gouverner par lui-même et de revendiquer tous ses droits. La mort de sa mère Gerberge, survenue en 969, contribua à relâcher encore davantage les liens familiaux qui le rattachaient au roi de Germanie ; ils furent définitivement rompus à la mort de ce dernier, le 7 mai 973.
Cet événement mit toute la Lorraine en ébullition. Le roi de France laissa les fils de Rainier reprendre le chemin de leurs domaines ; avec son appui, les deux jeunes princes attaquèrent les détenteurs allemands du Hainaut, Garnier et Rainaud, qui furent vaincus et tués. Le nouveau roi de Germanie, Otton II,