F. Lot, op. cit., p
trahison. Au cours des débats de ce curieux procès du Roi contre la Féodalité, il est déclaré incidemment que Lothaire revendique le royaume de Lorraine « comme sa possession héréditaire ». Au moment où la sentence allait être prononcée, Hugues Gapet, intéressé au sort de l'archevêque, marcha sur Gompiègne avec une troupe de 600 hommes. L'assemblée se dispersa aussitôt ; Adalbéron était sauvé.
Lothaire n'en poursuivit pas moins son projet de conquête de la Lorraine. Il possédait Verdun ; l'archevêque de Trêves; Ecbert lui était dévoué; son frère Charles, qu'il avait reconnu duc de Basse-Lorraine, s'était réconcilié avec lui ; le comte Ramier l'appelait avec insistance. C'est dans ces conditions favorables que Lothaire, en 985, alla assiéger Liège et Cambrai1. Les malheurs des temps, l'enchevêtrement et l'inextricable con fusion des événements, les guerres extérieures, les révoltes du dedans, la faiblesse des ressources financières et des moyens militaires, les échecs répétés, rien ne fait abandonner aux derniers Carolingiens de France, retranchés dans leur forteresse de Laon, l'espoir de recouvrer le pays qu'ils considèrent comme leur patrimoine de famille, la France meusienne et rhénane. Lothaire, plus que tout autre, espérait réussir dans cette revendication légitime ; le cours de ses succès fut malheureusement interrompu par sa mort, le 2 mars 986.
Son fils et successeur, Louis V, mourut aussi prématurément, d'un accident de chasse, après un règne de 14 mois, le 22 mai