‹ Le Rhin dans l'histoire (volume 2)Chapitre 63 sur 250 · G. Paris, Hist. poét. de Charlemagne, p. 135, note · texte numérisé non relu

G. Paris, Hist. poét. de Charlemagne, p. 135, note

2. Léon Gautier, la Chanson de Roland, p. 386. S. Gaston Paris, op. cit., p. 287.

la poésie allemande traduisit ou imita les poèmes français, comme la Chanson de Roland {Ruolandes Liet); mais jamais, dans l'Allemagne médiévale, Charlemagne ne devint populaire comme sur les bords du Rhin et en France. « Les légendes allemandes qui le concernent, remarque Gaston Paris, sont nombreuses, mais isolées, et ne présentent pas un caractère bien accusé. Quelques récits, marqués au coin de ce merveilleux un peu fantastique, inconnu à l'esprit français, circulèrent dans le peuple ; on mit sur le compte de l'empereur Charles quelques anecdotes qui lui étaient originairement étrangères ; on parla vaguement de sa vie indéfiniment prolongée, au fond d'une montagne, de son retour futur, qui devait porter l'Allemagne au plus haut point de gloire et de puissance ; mais en somme, la légende carolingienne (en Allemagne) ne sortit pas de cet état primitif où les fables se colportent de bouche en bouche et se transmettent en s'altérant de plus en plus l. »

En un mot, tandis que le cycle épique de Charlemagne, formé dès le xe siècle, exalte et célèbre « la douce France » et qu'il est devenu populaire dans toute la France, jusqu'au point de refleurir à l'époque moderne, dans la Bibliothèque bleue, ces «délices de nos campagnards», il n'y a rien de semblable en Allemagne. C'est de ce côté-ci du Rhin que la légende épique de Charlemagne naît et se développe ; elle est essentiellement franque, austrasienne, française ; elle n'est pas germanique. Elle ne pénètre en Allemagne que sous forme d'emprunt ou de traduction. Ce qui est teuton, et vraiment national en Allemagne, ce sont les chants de l'Odinisme, les tueries du dieu Thor, les héros de la Walhalla ; ce n'est pas Charlemagne ou Roland, c'est Arminius, Attila et Witikind.

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