‹ Le Rhin dans l'histoire (volume 2)Chapitre 83 sur 250 · Cu. Lvnglois, loc. cit · texte numérisé non relu

Cu. Lvnglois, loc. cit

on trouve un récit analogue fait par Gautier Map qui attribue lu même réponse hautaine à Louis VI le Gros1. Il n'est guère vraisemblable, en effet, que cet incident diplomatique se soit reproduit deux fois. Mais, que le récit des Chroniques de Saint- Denis soit vrai ou supposé, il n'en est pas moins un témoignage du sentiment public en ce qui concerne les revendications de la France sur sa frontière de l'Est ; la fière et dédaigneuse attitude que le chroniqueur prête à Philippe reflète l'opinion générale, et c'est là ce qu'il nous importe de constater.

Adolphe de Nassau était, au surplus, trop faible pour passer de la menace aux actes. En vain entraîna-t-il avec lui les comtes de Gueldre, de Flandre et quelques autres; Philippe le Bel fit alliance, de son côté, avec le duc de Lorraine, Thibaut, les comtes de Hainaut, de Hollande et de Luxembourg, le landgrave d'Alsace Albert d'Autriche, enfin son ami dévoué, Otton de Bourgogne. Celui-ci céda même au roi de France son comté de Bourgogne, moyennant un capital de cent mille livres et une rente de 10.000 livres tournois.

Après qu'Adolphe de Nassau eut été tué à Gœlheim, en juillet 1298, son successeur Albert d'Autriche renouvela son alliance avec Philippe le Bel. Guillaume de Nangis et d'autres chroniqueurs prétendent que Philippe obtint de l'Empereur, dans une entrevue qu'ils eurent à Quatrevaux, près de Vaucouleurs, que le royaume de France s'étendit jusqu'au Rhin ; les chroniques ajoutent que les barons et prélats d'Allemagne souscrivirent à cet arrangement'2. Philippe promettait, en retour, de travailler à rendre la dignité impériale héréditaire dans la maison d'Autriche.

Ces récits des contemporains sont-ils fondés ? Nul document diplomatique n'affirme l'existence d'un traité secret signé à la conférence de Quatrevaux. Aussi, les critiques modernes sontils portés à considérer la relation de Guillaume de Nangis et des

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