‹ Le Rhin dans l'histoire (volume 2)Chapitre 85 sur 250 · Ch. Langlois, loc. cil., p · texte numérisé non relu

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fois payées ou à vie... pour l'avancement d'une personne dont nous désirons la promotion de tout notre cœur1». On gagna, semble-t-il, le roi de Bohême, mais on échoua auprès du pape Clément V. L'élection d'Henri de Luxembourg fut tout de même un succès pour le parti français.

Les ducs de Luxembourg descendaient de la maison d'Ardenne ; dans la période qui s'achevait au temps de Philippe le Bel, cette vieille famille souveraine, peut-être de race carolingienne, venait d'être humiliée dans des guerres malheureuses avec ses puissants voisins, les ducs de Bar, de Brabant et de Gueldre. Mais, comme la maison de Lorraine à laquelle elle s'allia souvent, elle était demeurée française de cœur, de langue et d'éducation. Henri IV de Luxembourg, devenu l'empereur Henri VII, fut un empereur français. Il ne savait que le français ; ses diplômes impériaux sont rédigés en français. Il avait fait partie de la cour de Philippe le Hardi. Il s'était toujours montré le vassal fidèle de Philippe le Bel, qui l'avait armé chevalier et lui servait une pension. Il s'était associé en toutes circonstances à la vie politique des seigneurs français ; il était « un des obligés, sinon un des serviteurs » du roi de France 3 .

Son élection à l'Empire troubla ses rapports avec Philippe : leurs intérêts, après avoir été associés, devenaient rivaux. Néanmoins,^ concorde se prolongea jusqu'en 1310, lorsque Philippe le Bel prit sous sa protection les habitants de Verdun. Henri VII protesta et écrivit au Roi : « Gomme vos prédécesseurs, vous possédez injustement à l'Est, et au Midi, des territoires de l'Empire ; l'Empire n'est pas si affaibli, sachez-le, que nous ne puissions le ressusciter pour délivrer ces provinces. » Philippe aurait, dit-on, répondu en invoquant les droits du roi de France sur « les anciennes limites de la Gaule », déclarant qu'il ne craignait les menaces de quiconque. Il parait que ces documents souvent cités sont suspects. Vrais ou faux, ils attestent néanmoins, encore une fois, que la question du Rhin était toujours agitée et menaçait sans cesse de dégénérer en conflit sanglant.

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