‹ Le Rhin dans l'histoire (volume 2)Chapitre 86 sur 250 · Làsglois, loc. cit., p · texte numérisé non relu

Làsglois, loc. cit., p

Peut-être ce conflit allait-il éclater, lorsque l'empereur Henri Y1I mourut, le 24 août 1313.

Alors, Philippe le Bel se mit en campagne pour lancer la candidature à l'Empire de son neveu, Philippe de Valois, soutenu par les archevêques de Cologne et de Mayence. Ce fut Louis de Bavière, fils de Louis le Sévère, qui l'emporta. Philippe le Bel mourut peu après.

Sous ses fils, le seul incident digne d'être noté, sur la frontière, se produisit en 1318. A cette date, « les gens de Verdun, en guerre contre leur évêque, se réclamèrent de la sauvegarda royale qui leur avait été précédemment accordée; le connétable Gaucher de Chatillon fit en leur faveur une démonstration militaire aux abords de la ville; il fut déclaré, à ce propos, que Verdun était situé « dans le royaume de France ' » .

Le roi Charles IV le Bel ayant épousé, en 1322, Marie de Luxembourg, fille de l'empereur Henri VII et sœur de Jean de Luxembourg, roi de Bohême, le pape Jean XXII lui offrit l'Empire; une conférence eut lieu à ce sujet à Bar-sur- Aube, en juillet 1324. Cette fois encore, le parti français échoua ; néanmoins la candidature de Charles avait été populaire dans le pays rhénan et soutenue par les Electeurs ecclésiastiques et le duc de Lorraine.

En résumé, de l'avènement de Philippe le Bel (1285) à celui de Philippe de Valois (1328), des acquisitions importantes furent faites, par la Couronne, sur notre frontière de l'Est : la Franche- Comté, Lyon, Viviers, le Barrois, les Évêchés lorrains. La situation de la Monarchie française était devenue dans l'Est tout à fait prépondérante et celle de l'Empire se retirait sur la rive droite du Rhin. « C'est à l'Est, remarque Ch. Langlois, suivant la ligne de moindre résistance, que l'expansion de la France se serait sûrement faite, si la guerre de Cent ans n'avait pas interrompu le cours de l'évolution commencée'2. »

1. Ch. Langlois, dans Layisse, Hist. de France, t. III, 2e part., p. 317.

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