Alfred Lekoux, op. cit., p. 111 et suiv
en Haute-Alsace, enfin Gumprecht de Neunar, Frédéric de Veldenz, le marquis de Bade et le fils aîné du comte de Saarwerden { » .
Un chroniqueur allemand rapporte que le duc d'Orléans déclarait que « les terres d'Empire sises en deçà du Rhin appartiennent de droit à la Couronne de France » ; c'est cette tra dition du regnum Franco rum de Glovis, qu'il entend exploiter à son profit, comme vassal de son frère2. Le voilà devenu tout à coup un danger pour l'Empire. Chacun se demande avec anxiété jusqu'où il portera son ambition inquiète. Louis ne vat-il pas essayer de greffer ses projets de conquête sur le bouleversement matériel et moral qui est général dans la Chrétienté ? Le grand schisme d'Occident partage l'Europe en deux ou trois obédiences acharnées l'une contre l'autre et que les conciles ne font qu'exacerber.
On se racontait que le duc d'Orléans avait formé le projet de conduire le pape d'Avignon, Benoît XIII, à Rome, et de s'y faire couronner empereur. On le voit se mettre à la tête d'une ligue pour faire la guerre à Metz et au duc de Lorraine. La mort de son oncle et ennemi, le duc de Bourgogne Philippe le Hardi, survenue à Bruxelles, le 16 avril 1405, vient à point pour lâcher la bride à ces intrigues, favorablement accueillies entre Meuse et Rhin, de ce Louis d'Orléans qui nous apparaît comme une sorte de réminiscence lotharingienne, un précurseur passager des ducs de Bourgogne dont nous allons parler. Jean sans Peur, fils et successeur de Philippe le Hardi, étouffa dans l'œuf cette renaissance de la Lotharingie, en faisant assassiner son cousin, à Paris, le 23 novembre 1407.