Petit-Dutaillis, op. cit
Téméraire une alliance qui comprenait les Suisses, René II de Lorraine, le duc d'Autriche, Sigismond et l'Empereur.
Tandis que le Téméraire était encore occupé au siège de Neuss, où, pendant un an il usa inutilement ses forces, les Suisses osèrent envahir la Franche-Comté et la Savoie ; Louis XI envoya des armées en Picardie, en Bourgogne, en Franche- Comté, en Luxembourg. Bref, la bataille de Grandson, sur la rive méridionale du lac de Neufchâtel, est du 2 mars 1476 ; celle de Morat, du 22 juin ; enfin, celle de Nancy où Charles le Téméraire trouva la mort, du 5 janvier 1477. Le lion était abattu. Quatre jours après, le 9 janvier, Louis XI écrit au sire de Craon : « Maintenant, est temps d'employer tous vos cinq sens de nature à mettre les duché et comté de Bourgogne en mes mains *. »
Les historiens, après avoir raconté en détail ce grand drame de l'histoire de l'Europe occidentale, faisant un retour sur les événements, ont recherché les causes des échecs successifs de celui qu'on appelait comme son père, « le Grand Duc d'Occident », et ils se sont demandé si le hardi projet, conçu par les ducs de Bourgogne, de la restauration du royaume de Lotharingie était réalisable. On ne peut douter qu'il répondit aux aspirations des habitants pour lesquels l'intrusion des Allemands d'outre- Rhin dans leur pays était aussi insupportable que, jadis, celle des Germains d'Arioviste. Mais au xv° siècle, remarque Petit-Dutaillis, «aux desseins de Philippe le Bon et de Charles le Téméraire s'opposaient la nature elle-même, puis l'existence de petits Etats déjà constitués, la Lorraine et la Savoie, qu'il fallait absorber, et surtout l'inévitable résistance de la Royauté française et des « Allemagnes », qui, malgré la faiblesse de l'empereur, étaient, dit Commynes, « si grandes et si puissantes qu'il est presque incroyable2 ».
Louis XI, sans perdre haleine, rassembla une armée, appela Commynes et le bâtard de Bourbon et il leur « bailla pouvoirs nécessaires pour mettre en obéissance tous ceux qui s'y voudroient mettre ». Ses conseillers légistes lui fournirent des
1. Petit-Dutaillis, dans La visse, Uist. de France, t. IV, 2° partie, p. 386.