‹ Le Rhin dans l'histoire (volume 2)Chapitre 98 sur 250 · Petit-Dutaillis, op. cit., p · texte numérisé non relu

Petit-Dutaillis, op. cit., p

arguments, variés suivant les pays, pour justifier ses reprises. C'est ainsi qu'à Abbeville, « il fit déclarer que ces terres » baillées par Charles VII, en 1435, « dévoient retourner en deffaut d'hoir masle » ; à Arras, « que le Roy prétendoit la ville sienne par le moyen de confiscation». En Bourgogne, il invoqua la garde noble. » Il occupa le Hainaut et des territoires d'Empire à titre de nantissement préalable, sauf à les restituer ensuite, après jugement, s'il le fallait. Dans les Flandres, il fit appel au sentiment national ; il dit aux habitants : « Si ma cousine était bien conseillée, elle espouseroit le Dauphin ; vous autres Wallons, vous parlez françois, il vous faut un prince de France, non pas un Allemand1. »

La fille de Charles le Téméraire, Marie de Bourgogne, était fiancée, lorsque son père mourut, à Maximilien d'Autriche, le fils de l'empereur Frédéric III. Comment pourrait-elle maintenir l'intégrité de ses Etats incohérents, entourée qu'elle était, d'ennemis qui les voulaient dépecer ?

Outre Louis XI, le plus avide et le plus redoutable et, reconnaissons-le, le mieux justifié devant l'histoire, puisque ces Etats n'étaient que des démembrements de la Couronne de France, d'autres seigneurs de moindre importance se ruaient à la curée. Le duc de Lorraine, René II, réclamait un morceau; Sigismond d'Autriche et les Suisses jetaient leur dévolu sur des portions de la Franche-Comté ; le comte Palatin et le duc de Bavière voulaient faire valoir d'anciens droits sur le Hainaut, la Zélande, la Hollande, la Frise. Louis XI, enfin, était bien résolu à « défaire et destru}rre ceste maison et en départir les seigneuries en plusieurs mains" ». Il projetait de faire épouser l'héritière de Bourgogne par le dauphin Charles ou quelque autre seigneur français, afin de « recouvrer sans débat ce qu'il prétendoit estre sien ». En attendant et pour plus de sûreté, il continuait à annexer. Après les villes de la Somme et de l'Artois, ce furent la Flandre, le Hainaut et les deux Bourgognes, duché et Franche-Comté. Pour se ménager des alliés, il consentait à aban-

1. Cf. Guizot, Hist. de France, It. I, p. 432 ; Albert Sorei-, l'Europe et la Révolution française, t. I, p. 257.

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