‹ Le Rhin dans l'histoireChapitre 104 sur 211 · Tacite, Ann., II · texte numérisé non relu

Tacite, Ann., II

Silius ravager le pays des Gattes qui assiégeaient un castellum romain construit sur la Lippe et avaient détruit le monument élevé à Yarus. Les barbares, comme toujours, s'enfuirent dans les forêts et les marécages.

La flotte partit de Pile des Bataves et pénétra en Germanie par l'embouchure de l'Ems. Il fallut tout de suite châtier les Angrivariens qui trahissaient. Enfin, l'armée romaine vint camper sur la rive gauche du Weser. Arminius se présenta sur l'autre rive et demanda qu'il lui fût permis d'avoir un colloque avec son frère qui avait pris le nom de Flavius. Celui-ci, demeuré fidèle aux Romains, avait perdu un œil en combattant pour eux. L'entrevue ayant été accordée, Flavius s'avance ; Arminius le salue, renvoie sa suite et demande qu'on éloigne les archers qui bordent la rive romaine. Dès que les soldats se sont éloignés, Arminius apostrophe son frère et lui demande d'où lui vient la cicatrice qui le défigure. Flavius répond en donnant le nom et le lieu du combat. « Et quelle a été ta récompense ? — C'a été, dit Flavius, une augmentation de solde, un collier, une couronne et d'autres dons militaires. » Arminius se met à rire de ce vil salaire de l'esclavage. Puis Flavius veut séduire Arminius ; mais celui-ci reproche à son frère sa conduite. Il en vient à le traiter de déserteur et de traître. Bientôt, ce fut de part et d'autre une bordée d'injures et de défis ; pleins de fureur, les deux frères se fussent égorgés si le fleuve ne les eût séparés. Pour terroriser l'ennemi, Arminius fit porter sur des piques, en face du camp des Romains, les têtes de ceux qu'il avait immolés *.

L'action débuta par un échec des auxiliaires bataves sous les ordres de Cariovald, que les Chérusques attirèrent dans un guet-apens, mais ce contre-temps fut vite réparé. Germanicus franchit le Weser, établit son camp, passe la nuit à visiter les tentes des soldats, sous un déguisement, pour s'assurer de l'esprit de l'armée et des bonnes dispositions de chacun. Le lendemain, le choc eut lieu dans la plaine d'Idistavisus, entre le Weser et des collines boisées : c'était auprès du défilé monta-

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