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client le l'ils même d'Arminius, « élevé sur le sol ennemi, corrompu par la servitude, par la mollesse, par le faste, par tous les vices des étrangers ».
Les partisans d'Italicus restaient toutefois les plus nombreux, rappelant qu'on ne pouvait faire un crime à son père de n'avoir pas voulu rompre des engagements solennellement contractés envers les Romains. « La liberté, disaient-ils, n'était qu'un vain prétexte allégué par les factieux, la honte de leur famille, le fléau de leur nation, qui n'avaient d'espoir qu'en éternisant les troubles. » La guerre civile éclata ; Italicus fut d'abord vainqueur; puis il fut chassé, enfin rétabli avec le secours de la tribu voisine des Longobards. Cet épisode met bien en relief un état politique et une mentalité comparables à ceux des tribus indigènes de l'Algérie ou du Maroc, au début de la conquête française.
Les Ghauques, voisins des Frisons, vers l'embouchure du Weser, se révoltèrent, à leur tour, à l'instigation de Gannascus, le Ganinéfate, qui avait servi dans les rangs des auxiliaires de l'armée romaine. « Ce barbare, dit Tacite, longtemps auxiliaire parmi nous, depuis transfuge, exerçait ses pirateries avec de petits bâtiments, et infestait surtout les côtes de la Gaule dont il n'ignorait ni les richesses ni le caractère peu belliqueux des habitants. » Gorbulon dirigea contre lui une expédition maritime. « Il fit venir des trirèmes par le Rhin, d'autres bâtiments plus légers, par les lagunes et par les canaux ; et après avoir coulé bas les vaisseaux ennemis et repoussé Gannascus, il s'occupa de ramener les légions à l'ancienne discipline. »
La sévérité de Gorbulon, ajoute Tacite, fit impression sur les Barbares eux-mêmes. « Les Frisons, toujours nos ennemis déclarés ou secrets, depuis leur révolte où ils avaient infligé une défaite à Apronius, vinrent donner des otages et se renfermer dans le territoire que leur assigna Gorbulon. » On organisa leur gouvernement et l'on construisit une forteresse pour prévenir de nouvelles tentatives. Quant à Gannascus, trahi par les Ghauques, il eut, dit Tacite, la fin qui convient à un transfuge et à un traître. A la suite de ces événements, les garnisons furent ramenées par prudence sur la rive gauche du Rhin.
Pour ne pas rester inactif, Corbulon fit creuser par ses troupes un canal entre les bouches du Rhin et de la Meuse ; en même temps, Curtius Rufus ouvrit, chez les Mattiaques l'exploitation des mines du Taunus. Le commerce prit sur le Rhin un merveilleux essor, en même temps que l'agriculture dans les campagnes rhénanes. Des Barbares dont la turbulence était séculaire, comme les Sicambres, furent admis sur la rive gauche, dans le voisinage des Ménapiens et l'histoire ancienne désormais, ne mentionne plus leur nom l.
Au delà du Rhin même, les Germains devenus agriculteurs, ne faisaient plus parler d'eux que par leurs querelles intestines, si bien que Claude, en l'an 43, put sans danger, emmener les légions des deux Germanies, faire la conquête de la Grande- Bretagne.
Sous le règne de Néron, la Germanie étant tranquille, grâce à la vigilance des généraux qui gouvernaient les deux provinces de Germanie, l'un d'eux, Paulinus Pompéius, pour ne pas laisser les soldats dans l'inaction toujours funeste, fit achever, vers l'embouchure du Rhin, la digue commencée 63 ans auparavant par Drusus ; l'autre, Lucius Yetus, voulut joindre la Saône et la Moselle par un canal qui eut fait communiquer le Rhône avec le Rhin, la Méditerranée avec l'Océan du nord. Quel dommage que, par l'opposition du lieutenant de la Belgique, yElius Gracilis, ce génial projet n'ait pas été exécuté2.
D'ailleurs, les soldats trouvèrent leur occupation dans les actions militaires qu'ils ne tardèrent pas à être forcés d'entreprendre. Les pauvres Frisons, à l'instigation de leurs rois, Verritus et Malorix, essayèrent de quitter leurs terres basses et incultes pour s'installer sur les bords du Rhin, dans un pays moins inhospitalier. Ils émigrèrent, leurs guerriers à travers la forêt et les marécages, le reste de la population en bateaux, sur les lacs de l'estuaire du Rhin; ils choisirent pour établissement des terrains vagues, que nous tenions, dit Tacite, en réserve pour les vétérans de nos armées. « Les Frisons avaient déjà construit des maisons et ensemencé les champs ; ils cultivaient